Contes et Légendes du Valais    

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Le Baron de Conthey
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Suivant quelques historiens qui se sont occupés du Valais et d'après les traditions locales, Hérémence appartenait, il y a bien des siècles, au baron de Conthey. En ces temps moyenâgeux, les seigneurs opprimaient le malheureux peuple et l'assujettissaient aux plus humiliantes corvées.
Les habitants d'Hérémence ont conservé jusqu'à nos jours le souvenir de ce qu'eurent à souffrir leurs ancêtres du joug de l'odieux baron de Conthey. Lorsque ce hautain seigneur se rendait, une fois l'an, à Hérémence, pour y percevoir les revenus et les teilles, il montait un cheval dont les fers et les garnitures du harnais étaient d'argent massif.
Il exigeait en outre que ses serfs allassent travailler aux champs, même pendant les grandes chaleurs de l'été, revêtus du pourpoint et ceints de l'épée, afin d'être prêts, disait-il, à toute éventualité. Il ordonnait aussi à deux hommes d'aller chaque nuit battre à coups de verges les eaux d'un petit lac voisin de son castel, afin de faire taire les grenouilles dont les coassements troublaient le sommeil de son auguste personne bien plus que les errements de son indigne conduite de despote.

Un jeune homme du bourg de Conthey, nommé Perronet, qu par son adresse et son courage s'était attiré les bonnes grâces du baron, avait osé s'éprendre de sa fille, une charmante enfant de vingt ans, du nom
de Rosalinde.
La jouvencelle avait daigné y souscrire et les deux amants s'étaient promis amour et fidélité
En apprenant cela, la colère de l'orgueilleux fut si grande qu'il n'hésita pas à  opposer un formel refus à la demande de son favori, tout en lui reprochant sa dangereuse audace. L'humble prétendant ne s'en émut pas outre mesure, car il comptait bien avoir raison de l'entêtement du hobereau détesté.
L'occasion ne tarda pas à se présenter. Une nuit que le baron, dévoré de moustiques, ne pouvait dormir, il appela le jeune homme dans sa chambre pour faire la chasse aux méchants petits insectes. Après qu'il eût exterminé des légions, le pauvre serf s'étant assis sur un escabeau se mit à sommeiller. Le baron l'interpella:
A quoi pensez-vous  mon ami ?
Je pense, répondit le valet, que le renard a autant d'anneaux à sa queue qu'à son dos.
Le lendemain, le seigneur dépêcha ses chasseurs pour tuer un renard qu'on lui apporta tôt après et qu'on dépeça en sa présence. L'assertion du jeune homme fut trouvée exacte. Le gentilhomme en parut enchanté.
La nuit suivante, il fit appeler à nouveau son favori.
Celui-ci, s'étant mis à sommeiller comme la veille, il lui fut fait la même question.
Je pense, mon seigneur, lui dit le serf, que la chouette a autant de plumes blanches que de noires.
Le lendemain, une chouette fut tuée pour vérifier le fait, qui se trouva être exact.
Une troisième fois, Perronet fut encore invité à passer la nuit auprès du capricieux baron qui, le voyant sommeiller, lui demanda :
Dormeur endurci, à quoi songez-vous?
Je pense que, demain avant le jour, un grand prodige s'accomplira dans le ciel, et j'engage fort mon maître vénéré à se mettre à la fenêtre pour l'admirer.
Avant l'aube qui suivit, le baron ne manqua pas de regarder à la fenêtre, ne doutant pas que la déclaration du jeune homme ne fût aussi exacte que les précédentes. Mais à peine le sire de Conthey avait-il mis le nez au vent qu'une flèche lui traversa le col de part en part. Il tomba inanimé sur le plancher.
La nouvelle de la mort du tyran fut accueillie partout avec des cris de joie, son manoir fut rasé et le courageux Perronet put enfin épouser la douce et vertueuse Rosalinde qui dut ignorer toujours le nom du meurtrier de son père.

 

Le Nendard et la Nendette

C'était une fois à Nendaz. Un homme et sa femme sont partis un beau jour avec l'âne, tout là-haut dans le mayen, pour y travailler.
Après un moment de travail, la femme s'est trouvée tout à coup si mal qu'elle pensait mourir et elle criait : « Au secours, Baptiste, il te faut vite aller me chercher le curé. Je vais mourir à l'instant. »
Et celui-ci a répondu : « Mais qu'as-tu donc? Je n'ai pas le temps d'aller chercher le curé. Si je descends, tu mourras toute seule.
Nous allons essayer de faire quelque chose. Tu sais bien, nous avons étudié dans le catéchisme que chacun, en cas de nécessité, peut baptiser. Ecoute, tu vas essayer de te confesser à moi. Je crois bien que cela a de la valeur »
Cela ne souriait guère à celle-ci; mais pourtant avant de passer la grande porte, c'était mieux de se donner un coup de brosse.
Alors l'homme a pris le harnais de  l'âne, l'a passé à son cou et s'est mis à entendre la confession.
Celle-ci lui a tout avoué, mais elle avait une chose qui ne voulait pas lui sortir de la bouche.. Et lui l'encourageait; elle lui a quand même dit qu'elle n'aimait guère son mari, qu'elle aurait bien voulu le renvoyer et en épouser un autre meilleur. Alors, lui s'est fâché et s'est écrié à gorge déployée: « Si je ne tenais la place de Dieu, je te réduirais en miettes. »

 

Proverbes
  • Quand l'homme est au fond du puits, on lui jette des pierres.

  • Agir dans la colère, c'est s'embarquer durant la tempête.

  • On ne donne rien de si bon marché que les compliments.

  • Les bons comptes font les bons amis.

  • L'erreur est aussi grande de se fier à tous que de tous se défier.

  • Ne donne pas de conseils à moins qu'on ne t'en prie.

  • La conscience vaut 1000 témoins.

  • Les conseilleurs ne sont pas les payeurs.

  • L'argent est rond pour rouler.

  • Quand le déshonneur est public, il faut que la vengeance le soit aussi.

  • On jouit moins de tout ce qu'on obtient de ce qu'on espère.

  • Si tu fais ton devoir, laisse parler les sots.

  • Résistez au diable, et il s'enfuira.

  • Le travail du dimanche n'enrichit pas.

  • Les douleurs légères s'expriment, les grandes douleurs sont muettes.

  • Qui exerce son droit ne fait tort à personne.

  • Mieux vaut échouer avec honneur que réussir par fraude.

  • Les petits ruisseaux font les grandes rivières.

  • Aimez-vous la vie? Alors ne gaspillez pas le temps, car c'est de cela qu'elle est faite.

  • A bon entendeur Salut.

 

Le Fer à Cheval La réputation bénéfique du fer à cheval existe depuis longtemps. Au début de notre ère, chez les Romains puis chez les Grecs, cet objet était considéré comme une puissante amulette car  le fer était censé repousser les mauvais esprits. Sa forme, un croissant de lune, était perçue comme symbole de fertilité et de chance.
Le fer à cheval protège dit-on des démons, des sorcières, du mauvais œil, des cauchemars, des fantômes et même de l'adultère. Mais pour être efficace,
il faut l'accrocher branches vers le haut, car orientées vers le bas, la chance se perd au sol.

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