Récits de randonnées

 

La rando du Lac 9 au 12 mai 2002

Ce matin jeudi 9 mai 2002 5 cavalières et 3 cavaliers sont partis du Ranch des Maragnenes sur Sion, accompagnés de leurs montures. Comme d'habitude, la première petite descente en direction de la plaine s'est faite au pas, cheval en main. A la ferme d'élevage du Charolais, Jean Marcel nous attendait, impatient de retrouver ses anciens amis randonneurs du Rhône.

10 h 00, tout ce monde est en selle, les chevaux piaffent, ils savent certainement déjà que de superbes galops en liberté les attendent.

Une fois Sion laissé en arrière, les berges du fleuve nous appartiennent. Un petit trot d'échauffement indique la cadence dans le sable fin, encore humide de la pluie tombée ces derniers jours. La température est idéale, nous relevons nos manches et attachons nos pulls sur nos selles. Le temps des petits premiers galops arrive lors de notre passage dans les vergers de Vétroz, Ardon et Riddes, ça commence à chauffer!

A midi ce jeudi, nous sommes reçus en fanfare par notre ami saxonnin Roger Mariéthoz. Comme d'habitude, il avait sorti le grand jeu : Dôle blanche, apéro, salés, à boire à volonté. Tout cela avant de manger le dîner. Repas suivi des cafés rancher's arrosés à l'abricotine et william du patron de Saxon.

Le départ et les premiers km furent très pénibles avec le ventre si plein.

Les petits trots de mémés qui s'ensuivirent lassèrent JM et Roger.

Les deux compères lâchèrent la meute pour s'envoyer des galopades jusqu'au pont de Branson. Tout ce petit monde se retrouve enfin au Jardin de l'Ile à Dorénaz pour manger un bout de cake et boire une bouteille de rosé chez les Biolleys. L'aventure du premier jour se termine à Collonges sous les cerisiers pour les chevaux et sous les tentes pour les cavaliers.

Deuxième jour vendredi 10 mai

La pluie est tombée pendant la nuit, mais ce matin, le soleil est de nouveau présent dans le ciel et dans nos coeurs.

Nous chevauchons en direction de St-Maurice avant de nous permettre un petit détour "Aventure" au bas du Camping du Bois Noir.

Belle galopade au bord du Rhône avant de rejoindre Massongex pour un rafraîchissement bien mérité. Et voici un des beaux passages de notre traversée, le petit bois et les bords de la forêt. Que de magnifiques galops sur un petit chemin tout plein de petits virages avec quelques montées et descentes. Tout le monde s'éclate, humains et bêtes.

Quelques intrépides ont ensuite tenté une nouvelle aventure dans les bois.

Tout à coup nous découvrons notre coin à manger, dans une petite forêt pas trop éloignée du fleuve.

Nous soignons les chevaux avant de soigner nos estomacs. Le gavage se termine par une bonne mousse aux framboises de la patronnette. Il est de nouveau difficile de se remettre en selle, étant donné l'augmentation de notre poids.

Après midi nous rejoignons le bord du Rhône pour les trots et galops de la Porte du Scex. "Surprise" sur une bonne partie des berges, des malheureux compères sont passés par là. Ils ont creusé le terrain. En effet, il y a des trous partout. Farandole s'envoie un roulé boulé ainsi que sa cavalière Tati. Le tout sans mal heureusement. Sur la deuxième moitié de ce superbe passage, nous avons quand même pu lâcher nos montures qui se sont régalées. Dernier passage sur les supers petits chemins des bois des Grangettes avant de rejoindre le bleu Léman.

Après la terre, l'eau. Avec un peu d'effort, surtout pour Raisa, tous les chevaux sont entrés dans le lac et se sont avancés jusqu'à la limite de la nage. Spectacle et bonheur sublime pour des êtres qui ont parcouru plus de 100 km pour pouvoir enfin se baigner avec leurs montures.

Nuit au Fort des Grangettes au son des gazouillis de toutes sortes d'oiseaux.

Troisième jour samedi 11 mai

Après un bon déjeuner, départ du Fort en deux groupes suivant le rythme désiré pour le retour et la compatibilité des destriers.

Comme toutes les années, d'abord la magnifique traversée des forêts des Grangettes sur de superbes petits sentiers équestres avec quelques petits obstacles et dépressions. Cette année nous avons changé un peu notre itinéraire habituel pour rentrer, en empruntant le bord du canal et un chemin de forêt. Nous n'avons pas été convaincus par ce nouveau tracé.

Avant midi, Sandrine est venue à notre rencontre pour nous indiquer le chemin jusque chez elle, près de Bex, afin de boire l'apéro. Elle nous a fait découvrir des nouveaux chemins, en même temps qu'un petit lac pour tremper nos chevaux. C'est au trot de randonnée que nous arrivons chez elle. Une ingénieuse ligne d'attache toute prête attend nos bêtes, tandis qu'une superbe terrasse, garnie de produits vaudois accompagnés de bouteilles de rosé attend les cavaliers. Après tout ça, le dîner était presque de trop!

Après la visite de la sellerie de Sandrine, un concert de cors des alpes donné par le père et le fils nous enchante et surtout nous fait rêver de nos soirées sur l'alpe. Grand merci à la famille de Sandrine.

L'après-midi c'est Sandrine en personne, avec un cheval de sang qui prend les commandes de notre groupe. Après un petit échauffement pour retrouver le bord du Rhône, elle nous entraîne dans un galop avec chevaux lâchés.

On ne galopait plus, on volait. J'entends Tati qui dit "Mon Dieu je n'ai jamais été aussi vite à cheval...." Après la traversée près des Bains de Lavey, et un rafraîchissement au resto du Bois Noir, c'est par un nouveau lâcher du cheval de Sandrine au bord de la voie CFF que nous nous approchons de notre gîte sous les peupliers de Collonges.

Un bon bain de jambes pour nos chevaux avant de les laisser pâturer et voilà qu'une nouvelle journée se termine par un bon repas sous le couvert et une nuit sous tente ou sous les étoiles.

"Vie de randonneurs"

Quatrième et dernier jour dimanche 12 mai

Les dernières courbatures réchauffées, le café avalé, les chevaux prêts et les bagages dans le van, voilà la petite troupe qui s'en va à nouveau, cette fois en direction de la capitale du Valais, Sion.

Nous laissons boire nos chevaux à la magnifique fontaine du village de Collonges. Nous prenons la direction des berges du Rhône, passons tout près du plus grand labyrinthe du monde à Evionnaz avant de nous laisser bercer par un long, long, long petit trot en direction de Dorénaz..

Cette année, au lieu du galop du canal, nous innovons en prenant le petit pont en bois pour rentrer dans l'Ile merveilleuse, nous découvrons un coin de paradis entre le Rhône et le canal. Après avoir saoulé nos yeux, nous nous laissons emporter, comme des fous, par un nouveau galop.

Nos destriers sont en forme, nous les sentons heureux de vivre, de s'éclater, de pouvoir gambader à leur rythme, brides détendues.

En écoutant bien, on peut les entendre crier youpiii.........

Ensuite, montée le long du fleuve sans histoire particulière, jusqu'aux Bains de Saillon pour rafraîchir hommes et bêtes. Les cafés renversés sont chouettes à l'Hôtel des Bains, même si c'est un peu chic pour nous auatres cavaliers de la nature. Mais enfin! La vie continue et nous continuons notre remontée jusqu'à Riddes pour retrouver Julien notre ravitailleur.

Une bonne pause sous le soleil du Valais après le repas est la bienvenue.

Et voilà, c'est la rentrée au Ranch le long du Rhône, le long des vergers, le long du Camping des Iles, le long des terrains de la caserne, et la montée à Maragnène par le chemin des vignes.

Voilà, les 4 jours du Ranch au Léman sont terminés pour l'an 2002

Il reste des nouveaux souvenirs aux participants et il ne nous reste plus qu'à attendre l'Ascension 2003 et de nouveaux aventuriers pour s'élancer une nouvelle fois en direction du bleu Léman.

Merci à tous les participants actifs et de l'ombre.

RV

La Rando du Léman par Tati 9 au 12 mai 2002

Leman:

C'est la nuit et je me prépare à dormir... C'est bizarre, tout est calme, pas de voix, pas de chocs de sabots, pas de vent dans les arbres, seulement les oiseaux, qui, où que je soit, sont présents et chantent la nuit, le matin ou la journée.

C'est bizarre en effet, de retrouver le luxe de mon lit douillet. Je me rends compte à présent que je viens de passer 4 journées infernales à cheval. Tout a commencé je dois le dire il y a un ou deux mois, moment où je me suis inscrite à la rando-Léman tant magnifiée par tous les précédents compatriotes qui ont choisi cette ballade. Je me suis donc préparée et ai acheté le nécessaire pour ma monture et pour les nuits qui s'annonçaient fraîches et pluvieuses.

1er jour:

Au petit matin du jeudi me voilà donc arrivée au ranch où je prépare ma monture qui ne sait pas encore où son pas cadencé nous mènera (moi non plus, je vous le dis, mais comme on dit à présent, ça va se savoir...).

A 9h30 nous sommes à la ferme d'élevage du Charolais et nous rejoignons Black monté par Jean-Marcel. Le véritable départ est lancé. Au pas encore endormi de ma monture, nous rejoignons le bord du Rhône où vont s'égrener les heures de notre bonheur-douleur. Nous faisons connaissance avec les participants et les chevaux avec leurs compagnons de 4 jours. Nous sommes 6: Manu et Christian, Barbara, Jean-Marcel, Béatrice, notre guide Roger et moi-même.

Dès que nous passons Sion, les premiers galops sont lancés ardemment commentés parfois, et délicieusement appréciés d'autres fois. Chacune des personnes qui critiquera la manière pas assez rapide, trop rapide... de mener l'ensemble du groupe aura à son tour le choix de mener et se rendra compte par lui-même (ou elle-même) qu'il n'est pas si facile de mener pareille équipée avec des chevaux de si bon cœur. La meilleure place n'existe pas à moins de n'être qu'un groupe à soi-tout-seul ou au maximum à deux et encore... Ca fait déjà 2 ou 4 avec le cheval. La solitude en effet évite bien des problèmes sociaux, c'est logique.

C'est filmé que nous parvenons à notre première étape accueillis par de fidèles amis dont Roger Mariéthoz qui nous offre le premier verre de l'apéro auquel je préfère déjà l'eau. Nous dégustons des spaghettis fortement parfumés avec un dessert aux fraises trop appréciés je crois par Christine et Barbara qui auront l'estomac bien lourd pour entreprendre les envolées de l'après-midi.

Pendant ce temps un groupe de fans prend des photos de chevaux qui rigolent à pleines dents... et le prochain départ est à nouveau lancé. Christian nous fait profiter des galops allongés de sa monture et tout le monde est content. Je n'ai que peu de souvenirs de ce premiers jours. Il faut s'adapter à un nouveau rythme. J'en retiens toutefois le plaisir d'aller à celui, naturel, de se faire bercer par les mouvements de sa monture et deux beaux bleus aux mollets en raison d'un mauvais équipement.

2ème jour:

Après avoir connu pour la première fois les bruits de la nuit que je n'ai d'ailleurs pas tous reconnus, mais qui m'ont tenue éveillée une bonne partie de la nuit, nous nous préparons déjà au prochain départ. Nos montures impatientes je ne sais si c'est pour rejoindre le lac ou déjà de retourner aux stalles, nous emmènent dans des allures assez folles qui provoquent des cris et des rires d'ailleurs. Notre groupe se scinde tour à tour en deux groupe selon les désirs de quelques cavaliers peut désireux de continuer cette course arythmique. L'aventure commence pour le groupe qui restera avec Roger et nous entamons la découverte des berges du Rhône et sans gêne nous pénétrons les taillis et fourrés qui discrets et calmes voient défilés des cavaliers intrigués. Les chevaux impassibles attendent parfois que nous leur ouvrons le chemin au couteau parfois tel Tarzan délivrant un éléphant confiant.

C'est l'après-midi déjà et un groupe nous a distancé, lorsque nous entendons un coup de fil de Christian qui nous averti de ne pas galoper sur les berges d'énormes trous régulièrement parsemés sur l'espace plane pouvant être dangereux.

Arrivés à ce point, ne voyant pas de trop gros trou, nous nous demandons s'il l'avertissement n'est pas exagéré et nous engageons dans un galop aux abords de ces berges pensant ainsi éviter les trous. Quelque centaines de mètres et, après un magnifique soleil (figure acrobatique) d'une cavalière et de sa jument, nous voilà convaincu que le chemin était traître et nous repartons au pas cette fois, pour le plus grand plaisir de nous tous qui commençons à sentir la fatigue de ces deux premiers jours. Voir photo

Nous sommes encore loin du but, la fatigue aidant les distances paraissent plus longues. Pour nous revigorer, nous tentons une approche du golf pour prendre un bon verre que nous boirons à la bouteille près du parc des paddock, où ne circulent que des mercedes et ferrari. C'est le prélude à la découverte d'un coin magnifique. Une immense forêt de feuillus s'ouvrent à nous et nous nous enfilons dans un de ces innombrables chemins qui nous amèneront au lac Léman. De temps à autre, nous nous échappons de ce calme pour trouver une clairière qui nous l'espérons nous indiquera la meilleure direction. C'est finalement grâce à la mémoire de Christian et d'amicaux conseils de la part de "vélos" que nous nous retrouvons (enfin l'équipe devant car pour ma part je suis perdue dans une rêverie qui m'embarque sur des sauts charmants sur lesquels volerait ma monture. Je ne suis pas la seule, car comme le relève Barbara il faudrait revenir avec une équipe de sauteur....)

C'est après avoir abandonné Roger qui tout seul ira chercher la clef du fort que nous nous dirigeons .enfin au bord de ce fameux lac. Au plus grand plaisir de Barbara, Christian emmène Raissa et Black dans ce lac intrigant et apparemment menaçant. Trop épuisée, je laisse aller ma monture brouter, mais la retient toutefois car il me semble qu'elle se souvient d'un coin plus agréable et semble vouloir poursuivre seule sa route.

Finalement, nous rejoignons le fort qui nous verra arriver fort épuisé et qui nous accueillera promptement dans les bras de Morphée.

3ème jour:

Le lendemain notre équipe se sépare une nouvelle fois en deux groupes les plus fringants et les autres kaput et shoutés aux antidouleurs, mais le coeur au ventre et les fesses endurcies; mais bientôt nous rejoindrons le premier groupe. C'est aux cours de ces séparations et retrouvailles que nous découvrons (au sortir d'un bois donnant sur une décharge "que neni" que des lianes et de la bonne humeur...) une charmante compagne qui nous fait découvrir de nouveaux chemins très agréables qui enchanteront les prochains. Elle nous fait à son tour découvrir le galop – trop (trot) pour les derniers au grand plaisir de Roger.

C'est chez Sandrine que nous irons donc boire l'apéro qui si généreux, nous calera avant le repas auquel nous ferons toutefois honneur. Au dessert, nous irons visiter la sellerie et aurons droit à un magnifique concert de corps des Alpes.

Cet après-midi, après un changement de monture notre guide d'un jour, nous accompagne et pour se rattraper des galops trop peinards de ce matin, c'est au bord du Rhône qu'elle lâche sa monture qui s'élance et nous distance, mais pas si facilement que ça. Les chevaux enchantés s'élancent et nous emportent tous dans un galop effrené et plein de joie. De ma vie c'est le meilleur galop!

Plus tard, arrivé à Collonges certains cavaliers baignent les jambes de leur montures regardant passer les petits groupes qui s'étaient formés et qui se réjouissent déjà de leur propre douche. Celle-ci nous recainquera et nous verra partir pour un bon verre au café du village. Bonne nuit. C'est la dernière et la plus angoissante pour moi. Ayant abandonné ma tente au profit de la salle des douches, je rêve d'araignées qui viennent me piquer et qui tant que j'y penserai m'empêcheront de dormir. Ah,... ces petites bêtes....

4ème jour:

C'est déjà le dernier jour en reprenant le chemin de l'aventure, nous découvrons un bois ou plutôt un îlot magnifique entre le canal et le Rhône où nos montures infatiguables se lancent dans un beau galop.

Puis, caïn caa, nous entamons un très long trot en direction de Saillon. C'est l'apprentissage d'un nouveau rythme et une nouvelle allure nommée "le trop barbarique" par Jean Marcel. Mais c'est à l'Hôtel des Bains que nous seront à nouveau mis en forme par un sacré service et des chips comme apéro.

Cette journée et peut-être la meilleure de toutes, peut-être parce qu'elle est la dernière, mais aussi parce qu'à force de s'être usé les fesses et les cuisses sur les selles, l'habitude a pris le dessus et ce n'est plus que le plaisir qui reste.

C'est bien vrai que cette ballade est mémorable, mais pour s'en rendre vraiment compte il faut la faire. C'est parfois dans le travail et à la sueur de notre front qu'on découvre le plaisir d'arriver au but...

Enfin, en conclusion j'en reviens aux dix commandements d'un bon cavalier. Le premier, c'est toujours la bonne humeur. Autre conseil: emmenez avec-vous une bonne dose de fair-play, un équipement hors pair et en complément bien observer sa bête, je dis bien "bien" et continuellement. Un seul écart d'attention et vous voilà parti pour un dépassement, un rattrapage d'espace à l'allure choisie par votre monture ou encore un accrochage avec une autre monture.

A vous

Tati