Récits de randonnées

 

Brevet de cavalier randonneur ASRE du 30 mai au 2 juin 2002
Une nouvelle Aventure dans les Alpes Valaisannes
 
Le cours de brevet cavalier randonneur ASRE de printemps 2002 vient de se terminer ce dimanche après-midi 2 juin 2002 au Ranch des Maragnenes à Sion
8 participants ont passé avec succès les 4 jours d'épreuves pratiques dans les montagnes valaisannes ainsi que les examens écrits au retour.
Voici la liste des nouveaux randonneurs :
Michelet Sylvie Saxon, Penel Christel Vevey, Wismer Isabelle Chateau d'Oex, Rey Romaine Lausanne,
Germanier Elisabeth Sion, Gabbud Elisabeth Ravoire, Jordi Christine Charvonay, Courvoisier Gilbert Icogne.
C'est par un temps super ensoleillé et chaud, ciel bleu, que les élèves de ce cours ont été accueillis au Ranch le jeudi matin 30 mai 2002.
Dès 9 h 00, les participants ont fait connaissance avec les chevaux  et le programme de ce cours pratique.
Jeudi matin chacun s'est occupé de son cheval, soins, pansage, contrôle du matériel et seller, brider. Les instructions de sécurité, de respect des autres et de la nature données, le tracé sur la carte relevé,  tout ce monde était prêt à partir pour l'examen "aventure".
Après le dîner, 14 h 00 exactement, nous sommes à cheval en direction de Vex. Les premiers exercices sur le terrain arrivent, traversée de routes, pente plus ou moins raide, trot ou non sur la chaussée goudronnée, pause herbe etc
Une descente à flanc coteau nous amène au bord de la rivière, la Borgne, autre exercice dans le terrain : passage d'un pont de bois, traversée d'une zone humide, contre-bas dans la rivière, comportement dans l'eau et pendant la pause abreuvage, trou près du pont etc. etc....
Et nous voilà reparti pour une bonne grimpette en direction des plateaux d'Ossona. C'est un petit chemin serpentant dans une combe qui nous conduit en direction de la Grefféric, village presque abandonné. Toutes sortes de vernes et feuillus divers nous protègent des rayons éclatants de Mister Soleil.
Voila un petit portail à passer gentiment pour ne pas déchirer ses sacoches ou étriers. La montée sur St -Martin se fait au pas de randonneur avec de fréquentes pauses afin de laisser nos montures reprendre leur souffle.
Fête Dieu ce jeudi 30 mai au village de St-Martin.
Cela veut dire petite surprise pour nos chevaux et pour nous aussi. Le son des fifres et tambours et surtout les tirs des grenadiers pontificaux firent dresser les oreilles à  tout ce monde en campagne équestre.
Nous avons quand même réussi à boire un coup et sucer une glace (Les chevaux aussi) avant de reprendre la direction de notre gîte du soir.
Après avoir déjoué tous les pièges sur notre chemin et dans les pâturages, nous avons réussi à attacher nos chevaux pour la nuit dans les stalles à Néjos City.
Bon ap et bonne nuit!
Vendredi 31 mai 2002
 
Ce matin nous nous rendons compte que le soleil nous accompagne sans faillir. Pour le remercier, nous décidons de l'aider et d'aller à sa rencontre.
Accélération des préparatifs! Petite halte pour cause de fer perdu par Caramel dans le pâturage. Mais comme nous nous trouvons entre randonneurs, un nouveau fer n'a pas tardé à remplacer l'égaré.
Après la montée de Néjos jusque sur la prochaine route de campagne, les cavaliers randonneurs
(surtout les cavalières sont chauffées à bloc)
Tout le monde en selle, approche du village d'Eison  à cheval, puis une bonne lampée à la fontaine du village pour nos destriers. Dans les mayens des Hauilles, nous profitons des conditions idéales du terrain pour exercer la maîtrise du cheval, en solitaire. D'un coup nous avons entendu des hennissements qui sortaient de toutes les combes du coin.
Le groupe étant homogène et les participants bientôt des brevetés, chaque cheval  a accompagné son maître du jour en solitaire jusqu'au moment de retrouver leurs compères de randonnées
C'est par des allures différentes, sur une magnifique route des mayens que l'apprentissage des distances entre chevaux s'améliore. Trop près, trop vite!!!
Nous arrivons dans une petite clairière entourée par un bisse vers le haut et un petit torrent à l'est. L'eau est si limpide que nous avons envie de toute la boire ou de la commercialiser. Nos bêtes se régalent de cette herbe aromatique.
Les oiseaux chantent, les cavalières se reposent, tout ce monde est perdu dans la nature, sauf un qui se rappelle que la journée n'est pas terminée, il faut repartir en direction du chalet de l'alpage d'Eison.
Un saut éblouissant de Fougueux pour traverser le ruisseau et voilà que tout le monde est à nouveau réveillé et attentif. C'est par un sentier enchanteur, dans une forêt presque vierge que nous débouchons sur les pâturages de l'alpage.
Les arbres sont restés au dessous de nous. La vue est immense de tous côtés.
La Dent Blanche au fond à gauche, La Dent d'Hérens à la frontière avec l'Italie, Le Mont Collon au fond du vallon d'Arolla, Thyon 2000 devant nous, les Alpes Bernoises vers le nord et le début de la ligne d'horizon du Pas de Lona derrière nous. Nos yeux sont éblouis par ce paysage extraordinaire.
Il est même nécessaire pour la plupart de protéger leurs yeux avec des lunettes.
Les tubes de crème solaire se vident pendant que les chevaux se remplissent.
Les peaux changent de couleur, du blanc au rouge pour virer gentiment au brun bronze.
C'est une route minée qui nous a obligé à changer l'itinéraire afin de rejoindre notre point de midi et de sieste L'A Vieille 2500 m alt.
L'A Vieille c'est toujours ce fabuleux coin au pied du Pas de Lona, ce doit certainement être un de ces petits bouts de paradis ou la vie est belle.
Eh oui, nous sommes venus à la rencontre du soleil, il est là, il brille, il chauffe, il grille, il rit, lui aussi est heureux d'être avec nous.
Nous retrouvons Julien qui nous prépare les nouvelles couchettes pour 2003 dans un nouveau gîte de ce petit paradis.
Les chevaux sont attachés à de grosses pierres pitonnées à cet effet. La neige est à nos pieds.
Que c'est calme! Nous oublions presque que nous sommes là pour bosser.....
A partir de 15 h 00 nous reprenons le chemin du retour, mais par un détour sur l'alpe. Nous nous entraînons au petit pas de course avec nos chevaux en main. Les chamois nous épient et se posent des tas de questions sur le comportement de ce troupeau insolite. Nous chevauchons au pied de la belle Maya, la fiancée des étoiles.
Elle nous regarde mais ne dit pas un mot.
C'est sur le chemin de l'alpage que nous rejoignons les mayens de St-Martin, à pied! Pendant la traversée de la forêt de la Fourmic, une grande surprise nous attend après un virage. Tiens un nouveau pont est construit sur le torrent de la Manne. Oh là là, les communaux n'ont pas lésiné sur la longueur des barrières, on ne peut même pas passer dans le torrent avec nos chevaux. Reste à avancer sur ce nouveau pont? Ben non!
T'as vu les escaliers, de simples traverses avec des gros trous entre elles.
Les couples de cavaliers ne sont pas à la joie, le chemin de stationnement n'est pas la A9 ou même la piste Vita des gens des cités.
Les chevaux savent que c'est à eux que nous allons demander de nous aider.
Ils savent, ils attendent qu'on les laissent agir.
Nous leur faisons un passage dans le talus du chemin, en enlevant des tas de branches et de troncs entassés là par les constructeurs. La pente est raide mais pas très longue. Comment faire pour remonter de l'autre coté du torrent?
Entre le rocher et les barrières du pont il devrait y avoir juste la place pour que le cheval monte sans tout accrocher. J'essaie d'abord avec mon cheval et ensuite on verra. Après un moment d'hésitation et surtout après m'avoir fait une grande confiance, il me suit en glissant dans ce contre-bas naturel et obligé. Je le calme dans le torrent.
Attention, il ne faut surtout pas glisser sur ces pierres mouillées et arrondies par le ruissellement de l'eau.
Je me lance dans la montée, rênes de randonnée longues, m'agrippe aux barrières du pont. Mon cheval me suit, il ne faut surtout pas le freiner ou le déséquilibrer. Nous sommes à nouveau sur le petit sentier, mais de l'autre coté du torrent.
Je vois tout de suite  que les futures brevetées risquent de rester au fond du trou si elles accompagnent leur cheval.
Dédé tu conduis le cheval de chacun jusqu'au fond du talus et ensuite tu mets les rênes sur l'encolure de l'animal et tu lui dis à toi de jouer.
Allez les filles, vous traversez gentiment le pont et venez reprendre votre compagnon de ce coté.
Tout s'est bien passé! C'est dans ces moments là que vous appréciez votre ami de randonnée à quatre pattes.
En tout cas les notres ont été fabuleux. Ils le savaient déjà, nous on le sait maintenant un peu plus.
La glace et la bière au bistrot du village sont les bienvenues.
La grillade du souper et la nuit furent encore plus fabuleuses.
Après avoir rempli l'estomac et fatigué le corps, plus rien ne peut venir troubler le sommeil du juste!
Ce n'est pas vendredi soir que nous avons exercé les noeuds et revisé la théorie!
 
Samedi matin 1er juin 2002
 
Aujourd'hui, nous quittons Néjos City en marchant dans les prés auprès de nos bêtes, elle broutent et profitent des dernières bouchées de cette herbe aux qualités merveilleuses.
C'est à Evolène que nous dégustons quelques petites douceurs avec l'intention de les arroser avec un café renversé du lieu. Ben non, pas de chance, la patronne du café en question à "détalé" en vacances.
A la place du bistrot, nous choisissons la rivière, l'eau des glaciers d'Arolla et de Ferpècle coule avec un grondement impressionnant. Presque tous les chevaux hésitent !!! avant de rentrer dans cette eau glacée.
Mais d'une fois dedans, quel bien ça prodigue à nos jambes (celles des chevaux) Nous remontons le cours d'eau, en évitant  les endroits trop profonds, faut quand même rentrer tous ensemble.
Après une petite pause séchage, nous ne pouvons pas résister au galop dans la prairie dans la plaine d'Evolène.
C'est éclatés que nous arrivons à la petite buvette de Lannaz, village sous protection nationale. Que la bière, le coca, la limonade, l'eau de la montage sont délicieux.
Nous dînons dans les bois et redescendons la vallée d'Hérens en longeant la Borgne sur le coteau de la rive gauche. Le chemin est entouré de feuillus et de noisetiers, encore sans noisette.
Au milieu du village d'Euseigne, existe une fontaine, on dirait construite là spécialement pour les randonneurs. St-Georges veille sur elle et sur nous du haut des robinets d'eau. Tout le monde, bêtes comprises, se désaltèrent.
L'eau est également d'une qualité d'un millésime des siècles passés.
Reste à exécuter le petit cérémonial de passage!
Il fait chaud, le soleil ne nous lâche pas, Ô fidèle compagnon merci!
Dans un ensemble harmonieux, tout les cavaliers et cavalières se penchent sur le bassin et plongent leur tête dans cette eau limpide.
St-Georges donne le signal de sortie et voilà! Quel bien ça fait!
Dernier passage au pied des magnifiques Pyramides d'Euseigne.
Le chalet de Boyrion est là devant nous. Ouf!
Ce soir c'est sous la responsabilité de l'expert Christian que la révision de la théorie et la mise en pratique des noeuds et ligne d'attaches se passe.
Et la raclette, c'est Julien qui la fait couler!
Et le fendant c'est Hervé qui fait sauter le bouchon!
Et les vieilles rangaines c'est grâce à Gilbert.....
Et le feu c'est Steve et Isabelle!
Et le dodo c'est le marchand de sable!
 
Dimanche 2 juin 2002
 
Et voilà le dernier jour, c'est aussi le jour de l'examen écrit.
Nous nous dirigeons avec nos montures dans un coin unique au monde.
Et c'est là, après avoir attaché nos chevaux aux branches des vernes, plantées en ce lieu spécialement pour nous,
que nous passons en revue tous nos incidents provoqués ou non lors de ces jours merveilleux d'examen.
Chacun répond ou essaie de résoudre le problème rencontré.
Pour tous, ce moment nous a permis d'apprendre et de faire connaître aux autres compagnons de route, nos expériences pratiques. Ce fût un moment d'échanges de conseils, de choses à respecter, de comportement à avoir envers les hommes, la nature et surtout l'animal qui nous accompagnait et qui continuera à nous rester fidèle dans tous nos passages difficiles sur les chemins des alpes valaisannes et d'ailleurs.
Découverte plus profonde du cheval dans notre vie!
Comme tout à une fin.... voici le Ranch!
Le Ranch, pour la plupart, c'est la séparation d'avec leur compagnon de route. Après moults remerciements ils sont libérés de leur charge de quelques jours pour retrouver leurs compagnons de chambre.!!!
Le Ranch, pour tous, c'est l'examen écrit et les retrouvailles avec Monsieur de la Pipe, le juge  du jour Christian.
Comme le groupe était très homogène, les 8 élèves studieux et doués ont réussi leur brevet de cavalier randonneur ASRE.
Bravo les braves et à bientôt!
Ranger