Récits de randonnées

 

Randonnée de six jours 31.8 - 5.9.1997
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Dimanche 8h30, les premiers randonneurs arrivent pour goûter un peu l'ambiance du Ranch. Le reste de l'équipe arrive un peu plus tard, encore pas très bien réveillés.
Aux environs de 9 h 30, Roger, notre guide prend la tête et nous traversons les vergers d'abricotiers. Les branches sont encore mouillées des grandes averses de la veille et bien sûr Roger en profite pour nous arroser, mais le soleil est avec nous et la bonne humeur aussi; alors tout est permis.
Nous montons en direction de Combioulaz pour notre premier pique-nique, tout le monde décompresse et se prépare moralement pour cette nouvelle expédition. Les gags n'arrêtent pas, Jean-Pi et Gégé s'en donnent à cœur joie.
Après cette pause, nous continuons direction Euseigne en passant sous les pyramides qui sont toujours aussi impressionnantes. Ensuite un petit trot sur la route pour un petit raccourci car la montée jusqu'à Eison sera assez longue.
Le soleil nous inonde jusqu'à St-Martin. Il fait bien chaud et nous apprécions la petite bière sur la terrasse du café de la Promenade tenu paraît-il, par le meilleur boulanger de la vallée.
Nous prenons le dernier itinéraire de la journée pour Eison; heureusement les travaux dans la forêt sont terminés et nous pouvons emprunter le sentier pédestre. Nous arrivons au ravitaillement : Julien et Georgette sont là avec le matériel, que nous transportons jusqu'à Néjos.
On nourrit les chevaux et les lâchons dans le parc où ils vont passer la nuit. Ce soir, notre maître cuisto Jean-Pi, nous fera une bonne grillade sous les étoiles.
Une première journée ensoleillée, une première soirée où nous ne nous sommes p as vraiment reposés mais avons bien rigolé.

Lundi, tout le monde se réveille bien vite, le petit déjeuner est déjà servi, à 8 h 15 nous sommes déjà prêts pour une nouvelle journée et partons direction col de Cou (25oom).
Nous grimpons au dessus d'Eison et avons le privilège d'arriver dans une forêt de mélèzes encore inondées de rosée automnale. L'endroit est très sauvage et nous offre un jeu de lumière matinale éblouissant.
Nous arrivons à l'alpage d'Eison, à Plachepasot, où Roger nous raconte les anecdotes d'antan. Sur la droite un magnifique paysage sur la Maya. Nous continuons sur le flanc de la montagne, avec des petits passages un peu plus escarpés pour traverser l'alpage de Loveignoz. Dans une des dernières clairières, sur l'alpage de Mase, nous prenons la pause de midi.

Après avoir repris la route, nous voyons bientôt le col de Cou et recommençons à grimper. Les chevaux commencent à sentir l'altitude et s'arrêtent une fois ou l'autre pour reprendre le souffle.
Arrivés au sommet, nous plongeons dans un autre monde, le vallon de Réchy, l'Ar du Tzan, entouré de tous ces rochers aux formes prestigieuses. Chacun se recueille devant ces beautés qui nous sont données.
Mais l'altitude rend un peu fou; nous nous retrouvons à jouer et rire comme des gamins.

Nous descendons ensuite vers une prairie, le vallon du Tzan, Bill est fatigué et ne veut plus descendre, il simule une entorse ou autre, mais comme Gégé a aussi une cheville douloureuse, ils en profitent tous les deux. « Entre nous c'est l'osmose » dira Gégé un peu plus tard.
Nous arrivons dans la plaine et allons abreuver les chevaux dans la rivière.

Caramel s'en donne à cœur joie et nous fait une petite démonstration de danse aquatique, Hank se demande à quel moment il va plonger. Ce n'est pas pour cette fois, Caramel est calmé. Les Haflingers de l'endroit viennent nous dire un petit bonjour, ce qui crée un peu de nervosité chez les chevaux.
Nous arrivons à l'alpage du Tzartzé où Alain, le berger, et Antoinette, la bergère, nous attendent. Nous installons les chevaux dans un parc pour la nuit et leur donnons leurs petits soins avant de nous préparer pour la soirée.
Julien et Georgette nous ont apporté les provisions. Antoinette prépare le feu, Alain nous raconte son expédition à Compostelle. La soirée est douce et étoilée, les histoires incroyables et rigolodes ne manquent pas. La nuit est bien entamée quand on se dit bonne nuit.
Les deux caravanes sont occupées, il a fallu répartir les poids pour qu'elles ne versent pas. Georgette a quand même rêvé qu'elle basculait. Jean-Pi et Viviane sont installés dans la « sellerie » en pensant surveiller les chevaux . « Rapé », les seuls qui dorment toujours quand les chevaux cassent les fils, ce sont eux. Heureusement, ils ne vont pas bien loin; après ils seront tranquilles jusqu'au lendemain.

Mardi, le ciel est tombé, nous ne voyons plus le cirque de montagnes qui nous entoure, les gouttes ne sont pas loin.
Après le petit déjeuner que nous a préparé Foinette, nous nous dépêchons de seller nos chevaux quand nous sentons les premières gouttes. Nous nous disons au revoir et remercions pour le super accueil, en espérant à  bientôt.
Direction Grimentz, en contournant la montagne. Un peu de pluie pour commencer la journée mais pas bien longtemps. Nous voyageons juste au dessus d'une nappe de brouillard et de temps à autre nous profitons d'une éclaircie qui nous ouvre une fenêtre sur la vallée du Rhône.
Nous traversons les alpages de Tracuit, Orzival, le Marais avant de descendre vers Grimentz, à travers la forêt. C'est très étroit et caillouteux nous avons l'impression d'être dans le lit du ruisseau.
Arrivée au village vers 12 h, aujourd'hui nous nous permettons un petit « resto » pour dîner. De la terrasse nous pouvons surveiller les chevaux.
Nous reprenons la route pour Zinal, après avoir laissé brouter les chevaux avant de traverser la forêt jusqu'au hameau de Mottec. La pluie revient nous dire un petit bonjour pour quelques kilomètres.
Un petit trot macadam et nous arrivons à Zinal où nous logeons à l'auberge chez Tom Pouce.
Il faut tirer une corde pour attacher les chevaux, et l'installation ne nous paraît pas très sûre. Roger décide de planter la tente à côté pour les surveiller. Il se remet à pleuvoir. Nous allons nous mettre au chaud et passons une soirée dans un coin bien sympa.

Mercredi,
les chevaux n'ont pas bougés. Roger a dû opter pour le dortoir, il y a 5 cm d'eau dans sa tente. Ce matin il ne pleut plus et le temps se lève. Nous allons faire un petit tour vers la cabane du Petit Mountet.
Encore un superbe coin; nous longeons la rivière dans ce fond de vallée où les sommets enneigés ne sont pas bien loin. Ici, c'est le bruit de l'eau qui nous accompagne.
La cabane est en vue, le dernier bout est très raide. Notre arrivée à la cabane n'est pas glorieuse. Les gardiennes ne doivent pas connaître le mot bonjour. On ne s'attarde pas et on regagne Zinal pour 12 heures.
Ben a cassé sa bride et Roger la répare avec les moyens du bord. On va rejoindre le barrage de Moiry en prenant un petit sentier jusqu'à Grimentz. Le début est plutôt escarpé et les chevaux ont bonne allure ce qui provoque quelques émotions chez la dernière cavalière.
La montée vers le barrage grimpe très fort, on se croit au bout du monde, seule la vue de quelques véhicules nous rappelle que nous ne sommes pas seuls. Le coup d'œil vers le barrage nous réjouit, car la journée a été longue. Au moment de traverser le barrage, pour rejoindre le refuge où nous passerons la nuit, nous avons la grande surprise de le trouver fermé pour travaux. Ouf! Ils nous laissent passer. Ce soir, tout le monde est éteint.

Jeudi
, le soleil est toujours là et envoie ses premiers rayons sur les sommets. Le lac est magnifique, tout est tranquille. Seul Caramel est déjà en ballade, mais pas très loin.
Quand nous sommes prêts, nous redescendons vers le barrage pour un petit déjeuner avant de prendre la direction du Pas de Lona (2800m). Le chemin monte tranquillement, au fur et à mesure nous découvrons de nouveaux sommets (enfin presque!)
Quand nous arrivons au basset de Lona (2790m) le moment est un peu magique. Nous ne savons plus vraiment où poser notre regard tant le paysage est grandiose.
Nous descendons vers le petit lac pour la pause. Les chevaux sont lâchés et les cavaliers aussi. L'altitude convient à tous et nous rend plutôt euphoriques.
On ne retrouve pas tout de suite le chemin pour le Pas de Lona et le « raccourci », un peu rude, ne plaît pas à tout le monde. Tout rentre dans l'ordre au sommet. La descente dans les pierriers est plutôt vertigineuse, il faut retenir les chevaux.
Nous arrivons à l'alpage de la Vieille et continuons sur Eison par les raccourcis en évitant la route. C'est très raide et le rythme est rapide et cadencé. En un clin d'œil nous sommes à Eison. Nous trouvons Julien qui va nous chercher du ravitaillement pendant que nous descendons à Néjos et lâchons les chevaux. Nous passons notre dernière soirée. Cette fois Gégé n'est pas le premier à se coucher.

Vendredi,
toujours matinales, avec Jean-Pi qui nous a servi le petit déjeuner. Nous montons gentiment le sentier de Néjos vers Eison. Le soleil est déjà levé sur l'autre versant.
Nous croisons Julien qui va chercher le matériel. Les chevaux ne sont pas encore chauds, seule Rose d'Or a la frite.
Il nous faut un petit galop dans les sous bois encore humides pour nous réveiller. Nous descendons vers la vallée, la journée s'annonce magnifique, la température est encore estivale. Rose d'Or trottine dans la descente et le reste de la troupe la suit « presque «  au même rythme.-
En un clin d'œil nous avons rejoint la rivière qui descend vers la vallée. Les chevaux sont bien chauds et les cavaliers aussi, cette fois ils n'ont pas vraiment eu le temps de se raconter des p'tites misères, il s'agissait d'être attentif à la descente.
Nous sommes sur le chemin de la carrière et nous devons retenir les chevaux qui ne demandent qu'à galoper. Ça y est, c'est part, tout le monde s'en donne à cœur joie, on essaie de rattraper l'autre, d'aller encore plus vite, de crier plus fort.
Nous retrouvons le macadam pour un petit kilomètre avant de reprendre le sentier qui passe dans le sous bois et traverse quelques ruisseaux. C'est toujours en trottant et galopant que nous retrouvons Euseigne et Combioulaz ou nous nous arrêtons pour notre dernier pique nique.
Dernière étape avant le Ranch, les petits galops et les petits trots jusqu'à Vex ne manquent pas puis nous prenons un raccourci encore inconnu et arrivons au Ranch, prêts à repartir pour une nouvelle expédition.
Un grand merci à tous pour avoir participé à cette grande première, à bientôt

Viviane