Récits de randonnées

 

Du Ranch au Léman 1997    4jours
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Par les berges du Rhône, des Maragnènes au Léman et retour, quatre jours de chevauchées avec nette prédominance de galop effrénés, telle a été la grande sortie printanière du Ranch.

Première étape : Collonge. Les chevaux sagement alignés le long d'une corde tendue entre les troncs, les tentes disséminées dans l'herbe fraîche, le feu qui crépite, le chien qui furète partout: belle nuit en perspective. Mais l'imprévu y met son grain de sel : Monsieur le vent se lève à la tombée de la nuit, saisit les flammes et les feuillages par la taille pour une valse endiablée. Difficile de dormir quand tout bouge, souffle, siffle, feule, se déhanche et se penche, menaçant de s'envoler.

Seconde étape
, direction le Bouveret. La pluie prend le relais du vent, sous forme de trombes d'eau qui trempent cavaliers et montures jusqu'à la moëlle. L'humeur cependant reste en haut du baromètre, heureusement.
Quittant rives et vergers, la petite troupe s'engage dans la forêt chablaisienne, sous le couvert de laquelle l'atmosphère est magique. On n'entend que la chute chantante des gouttes, et le son chuintant des sabots dans le sol boueux. Long, long zig-zag à travers un univers vert laqué empreint de calme mystérieux. Des milliers d'oiseaux ce jour-là silencieux habitent la solitude du lieu; on les devine parfois à un éclat d'aile bleue entre deux branches sombres. Branches qu'il s'agit d'éviter, et qui exigent des cavaliers beaucoup d'aatention et de  précision. Le soir, installation de fortune,en fin de compte très confortable, sous un abri que les conditions météorologique nous autorisent à squatter.

Troisième jour, le soleil est de retour. Ouf. Après un passage à travers une magnifique roselière, on débouche sur le lac qui scintille, et dans lequel on peut s'avancer loin. C'est beau, enivrant, ces chevaux qui piatent de joie et font jaillir des gerbes d'eau qui sentent la truite et les algues!
Et puis l'on retrouve le fleuve, et l'on galope sur des kilomètres, on galope à s'en saouler, à s'en épuiser. Les chevaux ont une forme incroyable. Quand on les croit fatigués, ils s'élancent encore sur la piste de sable avec une énergie fabuleuse. Caramel suit les enjambées géantes de Vanessa en « tricotant » avec une vaillance qui laisse sa cavalière anéantie! Aurélia amorce des dépassements en flèche qu nécessitent une sacrée maîtrise de la part des coéquipiers!
Le soir, bon gîte et excellent repas au Ranch El Capio, vers Martigny
Caroline, qui a chuté dans un virage à angle droit cherche ses bleus en vain! Savoir tomber fait partie de l'art équestre!
Dernier jour, retour aux Maragnènes sans autre mésaventure, sinon une voltigée de Christian et une petite surdose de poussière pour tous les participants. Quelques courbatures à soigner et…. L'envie de repartir dès que possible.

Catherine