Récits de randonnées

 

Du Ranch au Léman 13 au 16 mai 1999
Week-end de l'Ascension
Partir au vert quatre jours.. Bouveret et retour

Pas de laque dans les cheveux! Pas de rouge aux ongles. Pas de chaussures à talons aiguilles…
Juste une ou deux peaux pour une peau fragile, car l'herbe sera verte et les nuits fraîches…
Je fais l'aller seulement, Christine ramènera Winetou. Du pot pour la météo! Jeudi matin 8 h 15. Arrivée au ranch, état fébrile...Mon cheval Winetou déjà sellé, bridé, pomponné, zieute sa compagne de deux jours d'un regard mitigé et la jauge sympa-anti(pathique)?
Deux filles font les quatre pas dans l'allée de l'écurie et nous nous présentons, Corinne et Pat, des vaudoises, avides de mordre la poussière dans le canton voisin. Question poussière, on ne sera pas gâtés, car l'humidité l'a plaquée le long des berges.

9 h 00 ! Toujours des retardataires… Finalement, le départ est donné à 9 h 15. Nous descendons à pied jusque devant la cave Varone, avant de former trois groupes de huit et de nous laisser happer par le bord du Rhône où nous rejoindrons Isabelle (venant de Fey et proprétaire d'Abricotine, allez savoir d'où vient ce nom) et quatre Hauts-valaisans partis du manège sédunois.
Sion, après la Pizzeria et le Pont du Rhône, à la bifurcation de la route principale et de celle des berges, deux des quatre cavaliers haut-valaisans resserrent nos rangs.
Puis le signal est lancé pour la colonne: au pas jusqu'à la carrière de Lügenbühl, finalement le rythme est donné, au pas, au trot, au pas, au trot….
Isabelle prend le relais pour nous entraîner dans de jolis et légers galops nous soulevant du sol d'une manière gracile et confortable.
Devenant hardie, j'imite Roger avec sa main qui joue à lancer le lasso.
Distraite par ce nouveau plaisir, j'oublie d'observer la caravane qui freine, déséquilibrée, je me retrouve nageant dans la gouille de la carrière de Riddes, les habits mouillés, ensablés, la cuisse bleuie, la hardiesse un peu ramollie et mon cheval libéré…
Heureusement, rien de grave. Tout le monde rit. Ma voisine m'assure que je suis assortie à la robe de Winetou.
Cette fois, je suis attentive à ne pas renouveler la séquence et tout se passe merveilleusement jusqu'à l'étape du pont de l'autoroute de Fully, trêve pour nourrir ces aventuriers cow-boys. Un apéro, un repas bien chaud amené par James et Madou depuis le Ranch et toute la bande est prête à repartir en direction de Collonges.

Mes narines hument le parfum des herbes de Provence, la poussière mouillée, les gouttes d'or suspendues aux buissons qu'il faut pousser pour glisser dans cette nature généreuse, accompagnée du parcours du fleuve galopant à sa façon et emportant un couple de canards, un héron cendré, des branches d'arbres et de la terre. Le fleuve est chargé des pluies torrentielles et des alluvions amenés par les rivières débordantes.

Les villages défilent comme derrière la vitre d'un wagon de train.
Les promeneurs observent le manège avec toutes sortes de réactions, beaucoup nous saluent, nous souhaitent une bonne balade, etc..
Depuis le pont de Branson, nous descendons en direction de Dorénaz, prochaine halte dans la ferme du Jardin de l'Ile, petit paradis servant des boissons rafraîchissantes et du vin du terroir. Le vin rouge a le goût de l'aventure et désaltère nos gosiers empoussièrés.

Dernière halte avant de rallier Collonges, premier gîte sur la route du lac.
Nous empruntons le chemin des véhicules agricoles et longeons les vignes et forêts ainsi que le parc des daims, calme fabuleux annonciateur d'une nuit bien méritée.
Je suis fatiguée et ne tarde pas à m'endormir dans les bras de Morphée.
Au petit matin, les cris du guerrier Roger nous chassent de notre abri douillet pour affronter la pluie.
Petit déjeuner debout devant la voiture de ravitaillement et décision de reporter le départ égard à nos compagnons sur quatre pattes dont le pelage ruisselle.
Les Hauts-valaisans abandonnent, le moral traîne les pieds. Enfin, une brève éclaircie nous invite à reprendre la route. Deuxième journée pluvieuse sur le goudron de la route, des routes à longer et à traverser.

Au bord de la route cantonale, Roger rassemble le groupe pour éviter les accidents. Chacun s'engage au trot et je reste bêtement à attendre que Winetou ait fait son petit besoin pressant.
Paulo m'appelle et m'interpelle…. Que puis-je avec un cheval qui s'abandonne à des besoins naturels? Enfin je traverse aussi et tout revient dans le calme. Pause au camping de Massongex puis départ pour la pause de midi. La pluie nous y attend et s'en donne à cœur joie sur nos équipements.
Manu a son cheval qui boîte (dû à une prise de longe pendant la nuit)
Et un autre cavalier s'est fait mettre en boîte par son porteur de taille un peu petite…
Après discussion et petite friction, Jean-Marcel accompagne Julien pour aller chercher le van et ramener les animaux grippés et grippant, et les sans chevaux!
Nous continuons en direction du lac. Les berges attirantes nous piègent avec leurs débris jonchant le sol, branches, bois, réfrènent notre galopade. Porte du Scex, les berges à nouveau, la forêt avec sauts d'obstacles, retournement de selle et descente précipitée de sa monture par Barbara'girl. La tension monte, on se rapproche du but. Canal du Vieux Rhône… le lac enfin!!!!
Isabelle et Abricotine, les belles demoiselles se mouillent pour une baignade thérapeutique; Anna imite le cople précédent avec son Morillon.
Quant à Winetou, il ne voit pas pourquoi il devrait obéir à mon souhait et se plante juste à l'entrée sans plus bouger. En fait, pour l'excuser, je précise que les chevaux ont peur des vagues. Tant pis… je le laisse brouter, il l'a bien mérité.
Nous quittons cet endroit féerique pour rejoindre le Fort, deuxième gîte. Un abri chaud nous tend les bras; la résistance est vaine.. Les tentes dormiront dans le van transporteur du matériel et les habitants dans l'abri sec et chaud. La soirée, à l'image de l'abri, réconforte les affamés et les assoiffés de partage amical. Un ami de Jules (un du groupe des Hauts valaisans) nous amène une bouteille de rouge vaudois, nous le dégustons en souhaitant à l'absent une bonne santé… Il y a aussi l'ami des cygnes Raphaël Cortès dont chacun l'apercevra à la Fête des vignerons.
Je quitte cette équipe et leur souhaite un retour riche en émotions avec ce désir de repartir déjà…!

MT Zen Gaff