Récits de randonnées

 

«Sortie annuelle du  Club 7-8 novembre 1998
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Samedi

8 h 00, quelques rares figurants se pressent rapidement vers les écuries. Le froid est glacial. Mais en bas, l'accueil chaleureux de Barbara qui s'affaire déjà auprès de sa fidèle Raîssa « goog girl » me réchauffe.

A mon tour de préparer mon destrier de ce jour. Quelques câlins bien rendus, brosser, étriller, saluer les nouveaux arrivés, harnacher et mettre la corde, sans oublier quelque huit couches d'habits. Me voilà prête!
A toutes plaisanteries impromptues, je lève le glaive du bon randonneur, septième règle d'or: à chaque température sa couverture… Chevauchons par tous les temps mais restons prudents!

Un bon café avant le départ permet de réveiller les retardataires et de réchauffer les autres.
Les chevaux tout fringants nous entraînent vers cette journée qui s'annonce, comme d'habitude, remplie d'aventures. Le givre qui recouvre tout sous un délicat voile blanc nous promet une bonne partie de balade avec le gel. Ceci sous le sourire moqueur du soleil qui nous narguera toute la journée sur l'autre versant. C'est d'un bon pas que nos montures longent le flanc glacé de la montagne (l'ubac).

Encore réchauffés que nous étions par le café, nous nous dirigeons vers Nendaz. En ce début de promenade, quelques personnes regrettent déjà les couches « excessives » 

D'impressionnantes pentes sont escaladées, ne réchauffant que nos bêtes. Essoufflées, elles feront quelques pauses. Winetou tombera même à genou, attendrissant son cavalier. Parmi les chemins qui serpentent, se saluent bonnet à pompon, capsules qui sautent, bonne humeur.
Lorsque nous débouchons au soleil, plusieurs pauses pipi trahissent certains. Ils n'ont certes pas été gênés pour se désaltérer!

Sur les chemins qui mènent à Verrey, chacun reprend des couleurs au rythme des galops. Arrivés à la ferme chez Hilaire, nous attachons nos montures qui, tout à coup donnent des signes d'inquiétude. Ce n'est que lorsque nous voyons surgir à notre étonnement un cochon rose et un cochon noir qui, intrigués, s'approchent des chevaux, que nous comprenons leur soudaine agitation.

Attention! Un coup de sabot peut être mortel pour ces pauvres animaux que nous chassons prestement. Pendant que les chevaux reçoivent leur fourrage, nous allons nous sustenter: grillade et brisolée sont au menu au ravissement de Manu qui se régale de ces marrons au désespoir des retardataires.

Après un court repos et un long bavardage, tout le monde est prêt à partir, sauf… devinez qui? Roger bien évidemment qui prolonge sa sieste et nous laisse vaquer à nos occupations.
En visitant l'étable, nous faisons connaissance avec des veaux tous très mignons qui feront bientôt un stage dans notre assiette….

Enfin, nous entamons le retour qui se terminera au crépuscule. Après les montées, ce sont les descentes! Lors d'un départ au galop, Farandole en profite pour faire danser sa cavalière dans un art consommé très proche du sadisme. Un saut, une halte sur le pommeau de la selle, puis atterrissage sur l'encolure; huitième règle d'or : ne pas chuter ou, si c'est vraiment nécessaire, penser à éviter le pommeau de la selle et ce, quelqu'en soit la raison.
Ne pas se laisser déconcentrer et toujours se méfier lorsque votre monture vous jette un clin d'œil..
Et c'est dans un silence calfeutré que nous regagnons le Ranch où chacun se tait,, heureux, et observe les chevaux qui se dessinent une dernière fois tels des ombres chinoises dans le clair du jour qui s'achève.
Des formes de cavaliers se détachent dans le sombre obscur de la nuit qui tombe.

Dimanche

8 h 30, les courageux entament leur deuxième jour.
Les courbatures reprennent, aïe, aïe, aïe. Mais c'est avec enthousiasme que nous nous préparons pour une journée au bord du Rhône.
Hélas, pas pour tout le monde, tout d'abord un problème d'étrier qui nous poursuivra tout au long de cette balade, puis au détour d'un tournant,
Roger se sort un nerf du dos.

Un nouveau guide sera nommé, notre célèbre Barbara.
Enfin, un pont effondré nous barrera la route, provoquant le désarroi momentané d'une équipe de cavaliers. Tant bien que mal, nous arrivons à Riddes où nous attend le ravitaillement.

Après une sieste bien mérité, voilà qu'on me réveille en sursaut. Mes petites amies sont là, toutes de bonne humeur. On s'amuse à « chapeauter »
Vaillante qui bouge ses oreilles, toute étonnée.

Nous repartons. La malchance s'acharne encore, nous voulions boire un verre au café du camping des Iles à Sion, mais c'est fermé!

Alors nous nous  pressons de rentrer au Ranch. Finalement les chevaux ont bien galopé. Encore un grand merci à Barbara qui a pris la relève et à Chantal pour les merveilleux gâteaux qui nous attendaient, havre de douceur après une journée au froid et à la tension.
Nous avions oublié la
première règle d'or : la bonne humeur

Tatiana