Récits de randonnées

 

Tour des alpages du 16 au 20 juillet 1996
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Mardi 16 juillet 1996.                 La journée s'annonce belle.
Stéphanie, Manu, Roger, Madeleine, Ivan, Michel, Francine et Stéphane, montant respectivement Diabolo, Lord, Rose d'Or, Zora, Farandole, Morillon, Winetou et Caramel se préparent à partir pour cinq jours de randonnées à travers les montagnes valaisannes.
Tout le monde est enfin prêt. Départ, les amis du Ranch montrent au revoir, drôle de sensation, comme si nous partions vraiment vers l'inconnu, pour longtemps.
Première étape de midi au Bleusy que nous atteignons après une rude montée. L'accueil y est chaleureux, la grillade délicieuse. Après cet instant de repos, destination Thyon 2000. Rose d'Or tire la jambe, nous ne pouvons galoper. Quelques hésitations de la part de nos montures pour s'enfoncer dans un tunnel sans éclairage. Petite pause à Siviez avant d'attaquer la montée vers Combatzeline. Frayeur dans les marécages pour Madeleine, Stéphanie et Manu, leurs chevaux paniquent. Belle traversée jusqu'à Thyon avec une halte pour étancher la soif de Michel (une bière de plus!) qui met pied à terre et fait tourner sa selle.
Nous repartons vite, les taons font valser nos chevaux. Ultime pause avant l'arrivée, les chevaux broutent  tandis que nous profitons des derniers rayons du soleil tout en admirant le vol gracieux d'ailes delta. Joli passage dans la forêt et arrivée au Ranch Caribou. Les chevaux sont déchargés, douchés et mis en stalles. Apéro à la buvette où Ivan nous fait des déclarations. Morillon saccage l'écurie, nous le mettons en box avant de descendre à la cabane de la Matze. Bon souper, fous rires, longue et excellente soirée durant laquelle nous faisons plus ample connaissance. Le matelas est apprécié, c'est le seul soir où Michel ne dort pas dehors!

Deuxième jour
Après un solide petit déjeuner nous montons vers les chevaux pour les préparer. Départ direction alpage de Vendes dans le brouillard et le tintamarre des cloches de vaches. Montée escarpée et vertigineuse vers Esserts, le sentier est étroit, en dévers, au sommet s'ouvre un panorama grandiose sur fond bleu.
Première halte aux gouilles d'Esserts où nous rafraîchissons les chevaux.
Descente par la route d'alpage puis par les sentiers vers Pralong où un bon repas nous attend. Stéphane ne s'attire pas que des amis avec ses « bisous de cheval ». Madeleine retrouve Zora avec la selle sous le ventre. Nous repartons vers Mandelon en allant baigner nos chevaux dans la Dixence.
Nous sommes très chargés, l'assistance ne viendra pas ce soir, le mayen est inaccessible. Après une montée raide en forêt, nous voilà dans les alpages.
Stéphanie et Manu s'éraflent les mains aux barbelés, Rose d'Or s'agenouille et Stéphane, qui referme les parcs, peine un peu pour remonter sur Caramel.
Dernier tronçon à pied, Michel pousse des cris de guerre : Morillon ne cesse de le bousculer et de lui écraser joyeusement les pieds. Nous découvrons, émerveillés, l'endroit où nous passerons la nuit. Les chevaux broutent et se roulent avant d'être attachés devant le chalet. Après le coucher de soleil Michel nous fait une grimpette spectaculaire sur la croix qui surplombe la vallée. Apéro et grillade au coin du feu en guise d'entrée, spaghettis bolognaise, puis cafés Rancher's pour terminer la soirée.  Quelques parties de jass à la lumière des bougies. Ce soir le ciel est magnifique, les étoiles brillent de tous leurs feux. Stéphanie, Michel et Manu dorment dehors. La nuit fut mauvaise pour tous : Lord est un cheval très bruyant.

Troisième jour :
D
éjeuner campagnard dans la fraîcheur matinale. Destination du jour :l'alpage d'Arolla. Sur le chemin Ivan perd sa casquette et Michel ses films! Morillon s'ébroue, les bouteilles de son cavalier s'entrechoquent dans les sacoches, Stéphane perd sa selle...!
Pénible descente sur Evolène, les sentiers sont sinueux et caillouteux. Pause au lac d'Arbey où Winetou fait office de modèle pour un artiste de passage. Joli galop en direction des Haudères.
Restauration à l'Hôtel des Alpes, pause bienvenue sur la terrasse ombragée, il fait si bon…. Une petite sieste avant d'attaquer la montée à travers la forêt vers Arolla. Winetou se baigne dans la Borgne, Francine n'est pas très rassurée.

Arrêt pour une tournée au camping d'Arolla, la température est idéale. Dernière ligne droite jusqu'à l'alpage de Praz-Gras où nous attendons impatiemment Jean-Noël. Nous partageons notre repas du soir dans la fumée avec le berger
Jean-Marc qui nous accueille dans son chalet. Feu à l'ancienne : à même le sol dans l'unique pièce où nous nous régalons de tomme « maison » et de patates en robe. Ambiance particulière, autre temps…
La fatigue se fait sentir, la soirée est calme.

Quatrième jour
Michel allume le feu et prépare le café en attendant notre réveil. Après une bonne nuit (sur des bottes de foin pour certains, sur des matelas pour d'autres) et un déjeuner sur le pouce, les chevaux sont sellés et bridés « à la chaîne » par Roger et Stéphane.
C'est reparti avec un temps magnifique qui nous fait changer d'itinéraire : Au lieu de redescendre pour rallier Eison, nous poursuivons notre montée en direction d'un glacier d'Arolla. Une chute de séracs provoque un souffle de neige impressionnant sur le Mt-Collon, ça et là des marmottes sortent de leur trou, des rapaces tournoient majestueusement dans le ciel bleu encre.
Nous traversons un petit troupeau de génissons qui nous observent d'un drôle d'œil. Petite halte avant de reprendre de la hauteur.
Que des cailloux, des rochers, il n'y a plus un seul brin d'herbe… seulement un peu de neige qui persiste dans cet endroit aux allures de Gd Canyon.
Notre pique-nique est « dévoré » à près de 3000 mètres, les chevaux sont fatigués. La sieste collective, le ventre en l'air, est interrompue par Lord qui prend le large et Diabolo qui casse son licol. Retour vers Arolla à pied par les pistes de ski.
Farandole, impatiente d'arriver aux Haudères, n'hésite pas à descendre au trop et à passer les ponts au galop!
Nous revoilà à l'Hôtel des Alpes où l'on apprécie de se faire servir le souper.
Ce soir Roger a le nez bien rouge, on se demande pourquoi! Ultime partie de cartes à laquelle le comité (Roger, Stéphane, Manu) se fait un plaisir de gagner à nouveau. Ivan et  « les filles » dorment à l'hôtel tandis que Roger, Stéphane et
Michel en profitent pour aller faire une virée au dancing avant de s'assoupir à la belle étoile près des chevaux.

Cinquième jour
La journée commence plutôt bien : Francine, encore toute endormie, pénètre dans une autre chambre qu'elle confond avec les douches. Petits yeux pour les trois noctambules qui ont dû courir deux fois après Lord.
Préparatifs habituels avant le départ. Jean-Noël nous débarrasse de tout notre paquetage, c'est agréable de se sentir si léger! Pente douce jusqu'à Euseigne où nous récupérons le pique-nique déposé par Chantal et d'où nous plongeons sous les pyramides pour atteindre le repaire de Combioule perdu au milieu de la forêt canadienne. Délicieux casse-croûte dégusté en musique. Sieste habituelle, repos mérité envahi par la mélancolie de ces cinq jours  passés sans soucis, le cœur léger, la tête ailleurs sous le signe de l'amitié.
Dernière descente vers Maragnènes. Nous avons regagné la plaine sains et saufs. HEUREUX d'avoir eu le privilège de vivre cette aventure riche et intense.  Merci la vie!!!

Manu et Stephanie