Récits de randonnées

 

« Au Cœur de la Provence »
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Au gré de mes pérégrinations équestre, je vous emmène dans le Midi, à Velleron, petit village situé à dix-huit kilomètres d'Avignon, au Relais des Muret chez Salvator et Nicole Fina.

La journée appartenant à ceux qui se lèvent tôt, c'est dans une fraîcheur encore matinale que nous allons chercher les chevaux dans le parc. Nul besoin de foin ou de carottes, ils viennent spontanément à notre rencontre. Aujourd'hui, mon choix se porte sur Jade, une jument pie au caractère sympa.

Devant le relais, nous attachons nos montures. Un bon brossage, une vérification des sabots et nous pouvons passer aux choses sérieuses, c'est à dire seller et  brider. Le travail fait, Salvator effectue une petite inspection des gourmettes et chasse les taons et mouches-crabes qui semblent déjà en quête d'un copieux petit déjeuner au grand agacement des chevaux.

Vers 9 h, c'est le départ. Salvator et son étalon Jéricho ouvrent la marche. Nous nous rendons à Pernes-les-Fontaines, autre petit village, distant de quelques kilomètres. C'est alors que la magie de la Provence vous saisit : devant nos yeux émerveillés, nous découvrons des paysages de rêve dans une nature encore préservée composée de pins et de chênes verts. Lavande, thym et romarin sont milles senteurs qui vous titillent les narines, pendant qu'un léger mistral vous caresse la peau.

Le chant des cigales achève de vous ensorceler. Nous apercevons au loin le Mont Ventoux au sommet caillouteux.
Nous piquons quelques jolis galops sur les berges d'un canal à la grande satisfaction de nos chevaux, heureux de se défouler.

A notre arrivée à Pernes, c'est l'heure de l'apéritif. Pastis, sirop d'orgeat, tout est bon pour se rafraîchir le gosier. A côté du bistrot se tient un petit marché agricole gai et coloré. Les accents chantants et les propos échangés sous les platanes nous ramènent dans les œuvres de Pagnol.

Le soleil du midi se fait plus intense : il faut repartir. Jade reçoit quelques sucres à titre d'encouragement. La vivacité matinale a quelque peu disparu, nos compagnons souffrant aussi de la chaleur estivale. A notre arrivée au relais, on ne sait pas ce qui est le plus tentant : piquer une tête dans la piscine ou se diriger vers la cuisine attiré par les bonnes odeurs des spécialités provençales de Nicole.

Même si la tentation est forte, nos montures ont droit à toute notre attention : une bonne douche et des câlins pour les remercier du travail effectué. La chaleur devient de plus en plus étouffante, mais heureusement, c'est bientôt l'heure de la sieste.
Demain matin pourtant, on se remettra en selle, c'est certain!

Août 97 Joëlle Berthouzoz