Récits de randonnées

 

Première Rando du Samedi  nov. 1997»
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Nous voici en automne, avec les arbres en tenue de fêtes, les crêtes des montagnes brillant sous leur premier manteau de neige et le soleil qui rayonne dans un ciel bleu sans nuage.

Nous voici aussi à la première randonnée du samedi après-midi après la pause estivale.. Six personnes se présentent, prêtes à partir dans la joie et l abonne humeur. Roger essaie de nous effrayer en distribuant les habits réfléchissants pour une rentrée tard le soir, mais il fait nuit assez tôt à cette période de l'année et nous ne nous inquiétons pas.

Nous partons sur le coteau desséché et brûlé par le soleil d'été en direction de Salins. La forêt de pins reste toujours silencieuse et sombre, il fait frais à l'ombre. Nous sommes vite au soleil de nouveau mais malgré le beau temps nous ne rencontrons pas beaucoup de monde.

A Salins, en place de prendre le chemin de retour, nous grimpons le talus en face du café pour suivre la route plus haut. Par plusieurs chemins nous grimpons toujours plus haut, notre route devient toujours plus escarpée, une cavalière descend de cheval et même Rose d'Or a de la peine à avancer. On passe un petit troupeau de chèvre qui s'intéressent beaucoup à nos chevaux mais nos braves bêtes sont trop fatiguées pour réagir au son des clochettes. Enfin nous voilà sur la route juste après Veysonnaz. Mais la montée n'est pas terminée, Roger prend de nouveau un chemin « vertical » et nous grimpons, grimpons, jusqu'à Clèbes. On  traverse le village, les gens nous saluent amicalement et après un dernier petit effort nous nous trouvons à Verrey où il y a un bassin d'eau et nos braves montures peuvent s'abreuver.

Quelques centaines de mètres plus loin nous arrivons à destination, la ferme La Vernette où nous sommes reçus avec un accueil chaleureux. La neige n'est pas très loin et il fait frais, mais à l'intérieur il fait chaud et il y a du café et aussi du schnaps pour ceux qui veulent le déguster.
Nous nous sentions tellement bien que nous avions presque envie de passer la nuit dans la grange, sur la paille.

Le soleil est en train de se coucher quand, enfin nous sortons de la cuisine. Nos chevaux nous attendent patiemment, très contents de nous voir et de se retrouver bientôt sur le chemin du retour.
Et maintenant, la promenade devient féerique. Derrière nous, le soleil se couche, le ciel passe du rouge au rose pâle et éventuellement à un magnifique vert pâle qui dure longtemps avant de sombrer.
Et devant nous, l'aventure, dans la nuit. Nous sommes à côté du bisse de Vex. Nous entendons le ruissellement de l'eau mais nous ne voyons pas grand chose, il fait assez noir. Mais non! Dans les clairières nous sommes éclairés comme en plein jour par une magnifique lune, qui reste avec nous tout le long de la descente. Par moments, avec l'assistance de cette lumière céleste, nous pouvons trotter et même galoper.

Les chevaux avancent bien, est-ce qu'ils ressentent le même plaisir que nous, de se promener par une si belle soirée étoilée?

D'un coup, il y a les lampadaires, nous sommes sur un chemin pédestre, les quelques piétons que nous croisons nous saluent avec étonnement. Nous traversons la place du téléphérique, déserte, la saison de ski n'est pas encore commencée, et le « Vague à l'Ame » n'est pas encore ouvert. Et petit à petit nous descendons, en suivant le bisse à travers la forêt de Salins. Eventuellement, le chemin devient tellement raide qu'il faut descendre à pied; il fait noir sous les arbres et nous ne voyons pas où nous mettons les pieds. Nous glissons sur les feuilles mortes et les cailloux qui roulent sous nos pieds, les chevaux glissent aussi mais tiennent mieux l'équilibre avec leurs quatre jambes. Roger ne ralentit pas le rythme

Et enfin! Nous voyons l'église de Vex qui brille comme un phare dans la nuit et que nous approchons depuis les hauteurs.

Nous devons traverser le village de haut en bas. Les chevaux glissent sur les pavés, les étincelles des fers brillent dans le noir. Nous rencontrons beaucoup de monde, ceux qui rentrent de la messe et ceux qui sortent de leur maison pour voir passer cette caravane de chevaux; petits et grands ont du plaisir de nous rencontrer et nous sommes saluées de partout avec de grands sourires.

Nous nous arrêtons pour prendre avec nous un grand sac de pain offert par un ami des chevaux et offrir un amuse-gueule à nos montures.
Puis nous continuons la descente jusqu'au café du Chenevière où nous pouvons attacher nos chevaux et leur offrir un peu de pain pendant que nous buvons un café bienvenu.

Mais nous ne pouvons pas rester longtemps, les chevaux ont trop faim et l'écurie est trop près. Nous nous mettons en route pour la dernière partie de cette promenade. Nous passons à côté de l'église et suivons la route en faisant un dernier galop au clair de lune, mais les chevaux sont fatigués et, malgré l'attirance de l'écurie, ont beaucoup de peine à tenir l'allure.

Puis une descente intéressante par la forêt sombre et mystérieuse, heureusement les chevaux connaissent bien le chemin et n'ont pas peur de la nuit.

Comme l'écurie approche, les esprits montent et c'est presque en chantant que nous arrivons enfin « à la maison ». Nous nous occupons de nos chevaux avec grands soins et leur donnons une ration de nourriture supplémentaire pour les remercier des grands efforts fournis.

Un grand merci à ces braves bêtes pour leur fidélité et bon caractère, et aussi à Roger pour un « baptême de feu » comprenant un superbe après-midi et une magnifique balade au claire de lune!

Barbara Laing