Récits de randonnées

 

RANDO DES MONTAGNARDS 1ER AU 9 SEPTEMBRE ’03

Lundi 1er septembre 2003

Ça y est, on est parti, en retard mais c ‘est bon. Départ de Salins en direction de Thyon 2000 par des chemins inconnus. Exploration et demi-tours en perspective mais pas trop de problèmes en définitive. On rejoint l’équipe du ranch au bas de la piste de l’Ours et départ pour le dernier tronçon, ensemble jusqu’au Caribou. Soirée polenta, bons rires et anecdotes de randonneurs pour dessert, ça promet, je suis la seule nana avec 4 baroudeurs. Au secours ! !

Mardi 2 septembre 2003

Départ de Thyon 2000 en retard. (Les bonnes habitudes, on les prend d’entrée.) En partant vers Essertes le brouillard nous rattrape mais en arrivant aux gouilles c’est le soleil qui a le dessus. Déborah se déferre entre deux rochers. Chaps au secours !   (dans mes prochaines randonnées, emporter un maréchal, c’est plus encombrant mais vachement pratique). On prend l’apéro à la cabane d’Essertes, sur la terrasse, au soleil, accompagnés par le carillon des vaches d’Hérens de l’alpage. Les gardiens sont sympas, le liquide coule à flots, ce n’est que du café pour l’instant, arrosé, bien arrosé.

La descente à pieds se fait sous un soleil généreux et arrivé à Pralong, le ravitaillement nous attend. On charge nos bagages sur les chevaux et direction Novelly. Petit chemin au travers de la forêt, des pâturages avec pour toile de fond le barrage de la Dixence. L’arrivée aux chottes, l’installation des cocos, des montagnards est rondement menée grâce à Bertrand et son berger.

 Un copieux souper nous est servi au mayen suivi d’une soirée un peu mouvementée. Des veaux à moitiés morts qui filent comme le vent, le nombre de bêtes qui change constamment et pour finir Urban qui se prend pour un magicien et essaye de passer les portes sans les ouvrir. Tout le bâtiment s’en souvient encore. On a même cru un moment qu’il y avait un tremblement de terre. Fausse alerte, ce n’était que nos chevaux qui rongeaient notre abri et à chaque coups de dent tout tremblait. Nuit courte en définitive, très courte.

Mercredi 3 septembre 2003

Matin frais, glacial ! Pas le temps de réfléchir, les anciens sont déjà prêts, pour une fois les jeunes sont à la traîne. Un café explosif avalé et hop !  en route. Commence alors la longue, rude et interminable montée à pieds jusqu’au col. Pas pour tous, hé les papys ! A pieds comme tout le monde. C’est en arrivant au sommet du basset d’Arzinol que la nature te remet à sa place. Tout autour de nous l’immensité des montagnes, du barrage et toi, tout petit a coté. Pfffff ! ! C’est beau. Descente sur Chemeuille ou l’on dîne avec auparavant petit café offert par Patricia, bergère de  mille moutons, seule, sans même aucun alcool toute la saison. On a quand même un peu de peine à la croire. Rude étape aujourd’hui, la descente se finit à Evoléne, après une halte obligée au Refuge, c’est à cheval, enfin que l’on rejoint Eison. C’est avec plaisir que l’on voit pointer les toits des chalets, une longue journée de passé, tôt au lit pour tous.

Jeudi 4 septembre 2003

Lever à 6h 30, frisquet. C’est dur de sortir du petit nid douillet. Soins aux chevaux et aux hommes. Rendez vous a Eison avec Patricia et Christophe qui vont nous accompagner 2 jours. On monte tranquillement jusqu’à l alpage de Mase ou un bon repas chaud nous attend. Accueil chaleureux et sympa, on reviendra. La montée du Col de Cou est dure mais agréable même pour les chevaux. Au sommet un paysage à couper le souffle nous accueille, c’est géant. Petite verrée, séance photo obligatoire et départ. Au fur et à mesure que l’on descend, le paysage change et nous sommes émerveillés par cette  ‘’plaine’’ au milieu de toutes ces montagnes. Le Louché nous offre un spectacle féerique. Un troupeau d Haflinger en estivage nous accueille, touts joyeux de voir des congénères. Ils sont en vacances eux ! Route calme et presque à plat pour aller à Sigeroulaz. Le grand luxe, wc, douches, c’est presque un rêve, on a beau être des pros mais une bonne douche on apprécie. La soirée est calme, mais la fatigue se fait sentir  même si on ne veut pas  l’avouer et le plus gros morceau va arriver. Les histoires et les anecdotes coulent à flot pendant le souper, accompagnées par le ‘’jus de raisin’’.

Vendredi 5 septembre 2003

 Au petit matin Tornado se promène, en liberté. Pas facile à attraper la bête ! ‘’Chaps debout ou Dédé va finir par le tirer, c’est bientôt la chasse.’’ A l’appel du maître tout rentre dans l’ordre et après un ptit déj copieux, départ tranquille et calme plat comme la route jusqu’à St Jean. On arrive tôt au gîte, étape courte pour souffler, se reposer nous et les cocos. Quand le repas arrive enfin, on se retrouve tous autour de la table à raconter nos journées et des anecdotes de randonneurs. Franches rigolades au sujet de nombreuses ‘’Patricia’’, elles ont la cote, hein ! ? ?

Samedi 6 septembre 2003

La nuit fut presque calme mis a part qu‘ on a failli étouffer sous la tonne de sciure d’un ronfleur invétéré. Au petit matin un cheval se promène. Chacun son tour de courir après sa monture, cette fois, c ‘est moi. Patricia et Chris nous quittent, ils rentrent à Eison par le pas de Lona. Ils nous ouvrent la route ; bon courage. Nous entamons la montée en passant par Ayer, Nava direction l’alpage. La pluie nous tient compagnie une bonne partie de la route, fine et douce ; elle a pitié de nous. Vers le sommet le brouillard nous enveloppe, cotonneux, avec comme seul bruit de fond, le pas des chevaux. C’est irréel, presque magique. Halte pic-nic aux remointze de Nava accompagnés par le carillon des ‘’bovins’’ comme dirais Chris. On attaque la montée du Forclettaz. Dur, dur l’estomac plein mais encore une fois sans problème. Au sommet à 2874 m. c’est géant, on se sent seuls au monde ou presque ; 2 touristes surgissent de derrière un rocher.

Séance photo, coup du milieu au sommet du col, le même cérémonial, on commence à avoir l’habitude. Un guide de montagne intrépide et ancien champion olympique de ski de fond ma traitée de folle lorsque quelques jours plus tard  je lui ai dit qu’on avait passé le col avec des chevaux. Il s’est ensuite empressé de nous féliciter et à rajouté :’’ Si vous avez fait le Forclettaz à cheval, alors chapeau, c’est que vous arrivez à passer  n’importe ou avec vos bêtes’’ Merci M. Genoud, c’est un sacré compliment.                                      

’Hé les gars, on descend par ou ? Là ! le chemin là ! ! !’’

Heureusement que je commence à  mi faire. Le chemin ? qu’une ligne mince, fragile, entre les rochers. Seul Yogi est à l’aise, chemins de cols, chemins de mulets. En définitive encore une descente à pieds, pas si dure que ça, sans problème jusqu’à ce qu’on croise un troupeau de vaches. ’’Oh ! on prend le même chemin ?’’ On se serait cru à une Poya fribourgeoise mais c’était une désalpe Oberwallis. Une cinquantaine de vaches,  les cinq randonneurs au beau milieu sur un chemin juste assez large pour les cocos. ‘’Yeha ! Poussez vous c’est moi qui passe.’’ A l’arrivée des applaudissements nous accueillent, mais déception, ils n’étaient pas pour nous. Pour nous il y avait le berger et son bâton. ‘’ Urban, c’est pour toi’’. Après une petite explication houleuse tout rentrera dans l’ordre, plus tard dans la soirée, autour d’un bon verre. Ah ! les prodiges de notre Fendant. Au gîte, pas de clefs, pas moyen de savoir si c’est ce samedi ou l’autre qu’on nous attendait. C’est pas grave, on décloue la porte, avec l’autorisation du proprio, et on s ‘installe. Après un excellent repas au resto du coin, l’ambiance a de la peine à démarrer. Les Papys boivent un dernier verre au son de la Schwytzoise et arrivent à … trois heures du mat. Pour finir la soirée, on s’engueule et on grignote du lard. Ca n’a pas du être triste au bistro, merci les copains !

Dimanche 7 septembre 2003

 Au matin, les derniers rentrés sont les premiers debout, pas très frais, mais debout quand même. On quitte le Oberwallis préhistorique avec des souvenirs de ‘’Wie gehts’’ pour nos Papys. La montée vers le col n ‘est pas facile. Chemin caillouteux et escarpé jusqu au sommet. Même Chaps marche devant son cheval ou du moins essaye, c’est pour dire. 2790 m. au Meidpass, ça y est, on l’a fait. Là aussi un paysage fabuleux et grandiose s’ouvre devant nous.

Décidément à chaque col c’est pareil mais pourtant si différent. L’émerveillement devant les montagnes est pareil tandis que le paysage à chaque fois si différent nous remplissent les yeux  d’images fabuleuses et magiques. Après le coup du milieu (hé oui !) , commence l’interminable, longue, pénible descente sur St Luc et à pieds s’il vous plait. Mes semelles en ont pris un coup. Vissoie, Mission , le gîte enfin, une douche pour enlever la fatigue et à demain.

Lundi 8 septembre 2003

Nuit sans histoires et sans ronflements. On a fait chambre à part d’avec les ronfleurs. Petit déj et pour une fois on part à l’heure. Départ sur Grimentz par un joli chemin dans la forêt ou nos chevaux piquent au passage des brindilles d’herbe savoureuse. Stop, il y a un magasin, halte obligée pour les bananes à Roger, les vitamines pour les gamins, avant d’attaquer la montée sur Moiry. Le trajet est le même que pour la Cristalp mais à l’envers et franchement je préfère la faire en montée à cheval  qu’en descente et en vélo. Ils sont fous ces cyclistes. Explications techniques et rocambolesques sur la course par Dédé, il y était. Encore une fois, ils sont cassés,  je  vous jure. Arrivés au barrage c’est une mer de brouillard qui nous attend. On vote à l unanimité pour un repas chaud au restaurant avant de continuer. Le dîner avalé  toute notre troupe sort pour remonter sur nos fiers destriers. Le soleil  revenu, un spectacle éblouissant nous attend. Le lac est d’un bleu aquarelle magnifique. On dirait que le grand artiste du ciel a laissé tomber dans l’eau tout son stock de peinture bleue. Plus on monte,  plus le lac s étire et avec lui tout ce bleu. C’est magique.  La grimpette continue,  c’est au Basset de Lona que la première verrée est sirotée en admirant cette ‘’plaine’’ qui nous sépare du Col. Une heure plus tard on se rend compte de l illusion. Ce n’était pas vraiment plat. Avec la deuxième verrée prise sur le col, c’est un carillon qui nous invite à descendre. Sur le chemin escarpé nos muscles se réveillent, nous rappelant que l’on en est à notre énième kilomètre. Prudent comme de bons randonneurs, l ‘on décide de descendre à Néjos. La météo ne s’annonçant pas bonne pour le lendemain nos chevaux seront à l’abri et au sec cette nuit, il le méritent. L'A Vieille nous salue au passage, on se reverra l’année prochaine. On est content d’arriver à Néjos. La descente à été pénible et longue, les kils commencent à se faire sentir et nos vaillants Papys sont fatigués. La potée du souper avalée d’un trait, personne ne traîne pour aller au lit. Demain on rentre, c ‘est la fin de l’aventure.

Mardi 9 septembre 2003

Départ de Néjos plus tard que prévu, faute à la pluie cette fois. On tente un nouveau trajet qui s avère être plus agréable mais plus technique. Dans la forêt, au détour d’un chemin, 3 biches me coupent la route, elles sont à trois mètres de mon cheval. Tout le monde se regarde, intrigué pendant quelques secondes. Merci dame nature pour cette rencontre. Un souvenir de plus à rajouter. Dîner sous la pluie à Combioule, touts le monde est à l’abri, on arrivera au ranch presque sec. Les discussions vont bon train autour de la table, on remercie la météo d’avoir été si gentille et peut être le ciel, d’être arrivés au bout sans aucun accident ou problème. Je crois que la solidarité du groupe y est pour quelque chose. On est tous un peu tristes que ce soit fini et le projet d’une montagnarde plus longue se profile. Rêve ou réalité, on verra. C’est avec de bons galops que l’on rentre au ranch. Le bruit de la ville, le vrombissement des autos nous ramènent définitivement à la réalité. Cette fois c’est bien fini. Une verrée et du gâteau à Chantal nous attendent sur la terrasse. Encore une fois on évoque avec ceux qui nous ont rejoint touts les souvenirs de cette rando et comme il y en a que des bons, la liste est longue.

Pas besoin de partir au bout du monde pour se remplir les yeux, la tête de souvenirs inoubliables et de paysages magnifiques dans une nature presque sauvage. Il suffit de monter dans nos montagnes avec une bande de bons copains et accompagnés de nos cocos de parcourir les chemins, les sentiers, s’il y en a, et les images de cartes postales prennent vie sous nos yeux. Géant ! C’est sport cette rando des Montagnards, c’est vrai, mais avec une bonne équipe, de la bonne humeur à profusion et de l’entraînement, je vous jure que ça en vaut la peine.

Merci les copains.

A l’année prochaine ! ! !

                                                                                                                 Franca.