Récits de randonnées

 

Randonnée des Montagnards : Du Ranch - Val des Dix - Val d'Hérens - Vallon de Réchy -
Val d'Anniviers - Turtmanntal - 5 cols alpins de presque 3000 m. alt.
Du 2 au 10 septembre 2002 : Un autre exploit à cheval dans les Alpes

Quelques impressions ...... JMV

Jour 1
Ranch > Alpage de Novelly

Temps inhabituel au départ. Temps splendide au retour
Nous sommes partis du Ranch des Maragnenes ce lundi 2 septembre 2002.
Une journée d'approche nous conduit au petit village de Pralong au pied du barrage de la Grande Dixence.

A Pralong l'Aventure commence vraiment!

Le ravitailleur est là avec notre matériel, nous prenons le nécessaire dans nos bagages, sur nos montures ( sacs de couchage, grains pour les chevaux) et hop la pluie commence à tomber, de plus en plus régulièrement.

Le temps de monter sur le coco et de bâcher le matériel et le bonhomme, nous voilà en route en direction de Novelly Alp. Le gîteur Bertrand est impatient de nous voir arriver, nous sommes ses premiers clients.
Nuit aux portes des anciennes étables à vaches pour nos compagnons, sous la pluie et le vent.
Et nous, autour de l'immense foyer de l'ancienne fromagerie, nous séchons nos habits. Le maître boucher rempli nos estomacs par des grillades de viande de toutes sortes, assaisonnées à point.
Le vin à la bouche, la soirée est belle, il manque seulement ce petit rien pour améliorer le café. D'après le berger, nous sommes arrivés avec un peu de retard et le big boss aurait eu le temps de vider le flacon!!!

Nuit de rêves enfumés dans la chambrette chauffée avec l'ancien poêle de service.

Jour 2
Alpage de Novelly – Néjos City par le Basset du Pic d'Artzinol

Mardi matin, la pluie a cessé, le temps de laisser les chevaux se sécher, le temps de les seller et accrocher notre matériel de survie.
Putzi me dit qu'il n'a jamais vu autant d'eau tomber sur notre beau Valais. Ben moi non plus. De mémoire de chamois non plus!
C'est entourés de brouillard et inondés par une nouvelle averse que nous entamons la montée vers la Remointze.  Un petit chemin herbeux serpente à travers le pâturage, il a un seul défaut, il monte, il monte assez, il monte bien…

Après 10 min, le faux Genevois gueule déjà, encore combien de temps?

De la Remointze au Basset, c'est une autre affaire qui nous attend. Nous devons monter dans les pierriers qui poussent au milieu du pâturage, en choisissant les meilleurs passages lorsque le brouillard nous laisse le temps de choisir.
La température est idéale pour marcher auprès de sa monture!

La neige tombe. Tombe la neige chantait un jour un artiste de variétés. Le spectacle est féérique, surtout que nous voyons surgir un troupeau de chamois pas si loin de nous, ils descendent dans la vallée, nous montons sur la montagne. Le monde à l'envers disait le chef de la bande des cornus.

Nous voici enfin au Basset du Pic (2800m.alt. Pas le temps de boire un coup, comme disait JM, l'estomac dans les talons nous glissons en direction du vallon de l'Arpille.
La bouteille de rouge, nous la buvons enfin au sommet de l'alpe de Chemeuille. Santé!
Le meilleur café du monde, nous l'avons trouvé à Chemeuille! Merci Julien.

Descente sur Evolène par un parcours connu et continuation direction Eison par le petit col de la Fourcla.
Raclette à volonté et mousse aux framboises pour dessert.
Nous n'avons pas trop besoin de berceuse pour nous endormir ce soir.

  Jour 3
Néjos – Vercorin par Artillon et Vallon de La Lé

La journée est belle, nous longeons la vallée d'Hérens, rive droite, sur le coteau, le trajet est une autoroute à chevaux, pistes forestières, routes d'alpages etc.. La détente quoi!
Après un bon pique-nique sur la terrasse de la Dzorniva sur Nax, nous commençons une nouvelle aventure dans les bois du Cerf. Petit chemin et petits virages qui tournent se succèdent dans un rythme régulier.

Une bonne golée à la gouille sur Bouzero et nous prenons le chemin d'Artillon.
Artillon, petite clairière dans un paradis de vernes et autres feuillus.
Artillon, petit chalet typique du Valais de nos ancêtres
C'est à Artillon que se prépare la descente dans le vallon de La Lé, c'est un chemin avec plein de croisements de petits chemins de cerfs, qui nous conduit à la buvette à Gille de La Lé.

Le passage des mayens de Réchy aux mayens de Vercorin, nous rappelle un peu nos anciens exploits équestres. Faut y aller et quand il faut y aller, faut y aller…
Grâce au gardien de service Dédé, nous avons pu prendre un bon repos au mayen de Franca.

  Jour 4
Vercorin – St-Jean (Val d'Anniviers)

Aujourd'hui, c'est une étape de repos avant le passage en 3 jours de 4 cols alpins de presque 3000m. alt.
Une jolie route forestière nous amène de Vercorin à St-Jean au travers de forêts de pins et des mayens de Pinsec.
Nous lançons beaucoup de fleurs au cuisinier du Gîte de St-Jean pour qu'il nous fasse une succulente soupe aux légumes.
Comme c'est un super  bonhomme et cuisinier, nous avons été servi, sans faute. Merci!

Eh voilà vers 15 h 00 nous avons rejoint notre gîte du soir aux Barmes à St-Jean d'en Bas. Egalement superbe découverte d'un ancien bâtiment, propriété des Amis de la Nature. L'accueil a été également chaleureux. Nous reviendrons, déjà dans 2 jours….

  Jour 5
St-Jean – Gruben dans le Turtmanntal par le col de Forclettaz (inédit)

C'est par une petite tromperie de chemin que nous démarrons, en fait nous avons gagné du temps et perdu du goudron.
Nous montons sur l'alpage de Nava par la route, le brouillard est là, mais sans la pluie.
Urban le haut, nous commente le paysage extraordinaire qui se cache derrière ce gris.
Nous progressons rapidement, les chevaux ont été soignés en conséquence.
Les vaches de Nava nous regardent passer en souriant ou avec de gros yeux.

L'alpage du haut ne devrait pas tarder, mais la montagne, dans le brouillard, ça trompe énormément. Encore un virage, non encore un, peut-être deux. Ici c'est le chemin de la fameuse course Sierre-Zinal qui traverse notre route sans fin.
Quelques fenêtres nous permettent de voir la vallée, le Zinalrothorn, l'Obergabelhorn, le Besso, le Weissohorn, tous ces extraordinaires 4000m et plus.

Tout d'un coup, nous apercevons un chien de chasse qui attend auprès de l'auto de son proprio, sage mais en gueulant quand même.
Que peut faire un chasseur par ici en haut un jour de brouillard?
Nous mangeons et buvons auprès du couvert à vaches.
Vient le moment tant attendu de s'attaquer au col de la Forclettaz, on commence gentiment la montée en laissant paître nos chevaux. C'est moins fatiguant.
Allez on y va! C'est parti l'équipe à pieds devant le cheval. Le cœur augmente son rythme. La buée sort par les naseaux de toute l'équipe, sauf des plus anciens qui ont prestement sauté sur leur monture.

La montée n'est pas très longue, à peine 1 h.
Quelle récompense au sommet de ce fameux col, frontière entre le Haut et le Bas Valais.
Incroyable, le ciel est bleu, le soleil brille sur le Turtmanntal.
Urban lance des cris de joie, des chants ahurissants en dialecte du coin. C'est gagné!

Le Forclettaz est vaincu par une équipe de cavaliers sans frontière.

Pas tout  à fait, la descente sur Gruben, n'est pas une lettre à la poste. Il faut tout d'abord sortir du chemin, évidemment il est tellement petit que même un sabot de cheval n'a pas place. Le guide enlève quelques cailloux pour aplanir le passage, comme dans le temps
Celui qui a aplani les chemins dans le désert.

C'est magnifique ce pays, belles montagnes, extraordinaires pics rocheux, nez noirs au détour du chemin. Nous admirons le bas de la vallée, pas plus grand qu'un mouchoir de poche. La plaine est presque inexistante, juste la place pour mettre lutter quelques vaches de la race d'Hérens.

Nous plongeons et arrivons dans ce pays d'hommes aux noms étranges!
Ils ont l'air rudes et rustres mais faut les approcher gentiment, le cœur est certainement sur la main. En tout cas, les madames nous reçoivent comme des anges.
Et des dames, il y en a! Le foot féminin d'un village de la vallée organisait sa sortie annuelle.

Gruben, village d'été. L'alpage dans le village, le bistrot sur l'alpe, le président propriétaire de la reine, le berger de l'Oberland bernois.
La graine pour faire la fête est là! Les bières coulent à flots, les chants suivent……
Comme nous sommes des gens consciencieux, mais aussi fatigués, nous rejoingnons nos équidés à l'étable du village et de l'alpage.

Bonne nuit dans la grange!

Jour 6
Gruben – St-Jean par le Meidpass

La journée sera belle d'après la nuit et le ciel bleu et gris.
Faudra faire gaffe, aujourd'hui les reines de Turtmanntal descendent de l'alpe supérieure, par la route que nous empruntons ce matin.
Pas de souci, nos fidèles amis en ont vu d'autres parmi ces belles bagarreuses.
Avec un peu de retard, suite à l'excellent déjeuner et accueil au bistrot avec un nom incroyable, mais surtout imprononçable que nous prenons la direction d'une nouvelle aventure dans les alpes.

Hier nous descendions dans la vallée de nos amis hauts Valaisans, aujourd'hui, route contraire par un nouvel itinéraire. C'est un peu l'âme triste, le cœur en peine, surtout Urban, que nous quittons ce petit coin idylique.

Mais quand faut y aller, faut y aller………

Nous croisons en effet ce magnifique troupeau de reines, 80 vaches plus en forme les unes que les autres. Les propriétaires attendent au village l'arrivée de leur bébé.

Elles seront cajolées, soignées, surtout les gagnantes de l'été.
Faut pas exciter le patron dans ces moments là, sinon boummm.

Après un joli trot sur la route de l'alpe, nous changeons de vallon. Nous découvrons devant nous le canyon du Meiden. Le canyon est encore loin de nous, mais nous savons déjà un peu à ce moment là ce qui nous attend.
Le Meidpass, nous dit Urban, l'enfant du coin, c'est des surprises, des petits lacs qui surgissent tout à coup. C'est un chemin dans les pierriers. C'est l'envol vers le sommet par un passage vertigineux. Eh bien tout cela, nous l'avons trouvé, nous l'avons admiré, nous l'avons apprécié.

Même des gens, promeneurs de métier, nous ont applaudis.

Le Meidpass, c'est le retour dans le Valais Romand! C'est surtout une vue extraordinaire de plaines lunaires, de pics impressionnants. Attention, il n'y a pas de la place pour beaucoup de monde en même temps sur le col!
Quelques photos et en route pour le vallon de Touno.

La bouteille est également ouverte un peu plus bas, mesure de prudence.
Nous mangeons en tenant nos chevaux en longe, pas très facile, mais un  bon randonneur a vu d'autres situations.

Après un arrêt au café des chasseurs à St-Luc, nous plongeons sur Vissoie par l'ancien chemin villageois. Une petite remontée le long de la Navizence et nous retrouvons notre palace des Barmes.
Souper sur la terrasse, chevaux dans le pré, température idéale, nous avons pu croire  que nous étions les Seigneurs de St-Jean. Après les deux dernières journées passées, nous l'avions bien mérité.

Jour 7
St-Jean Anniviers – L'A Vieille sur Eison par le Pas de Lona et Moiry

Ce matin le ciel est bleu, les cavaliers en forme, les chevaux aussi, après une énorme ration d'aliments énergétiques. Tout va bien.

Nous montons jusqu'au barrage de Moiry en suivant le torrent de la Gougra, le parcours est assez pentu, mais nous sommes dans l'ombre, ce qui nous permet de progresser à 500 m alt.  heure selon notre homme/altimètre/Jean Marcel.

Nous approchons du mur du barrage de Moiry et grimpons les quelques virages le long du mur avant de traverser le barrage par la route sur ce mur impressionnant.
Nous faisons un longue pose au resto, en attendant un nouveau cheval pour une cavalière dont le cheval a déferré.
Le soleil brille sur le lac, le Pointe de Moiry est dégagée, il fait chaud, nous sommes super bien sur cette terrasse d'altitude.
Enfin départ pour le plus fameux des passages alpins, la Cuvette de Lona par le Basset pour atteindre le col de Lona.

Une route d'altitude nous conduit jusqu'au Basset 2900 m alt.

En chevauchant, nous avons eu l'honneur de rencontrer sa Majesté l'Aigle Royal qui déboucha  de derrière une colline, juste à quelques dizaines de mètres au dessus de nos têtes. Le temps de sortir l'appareil de photos et le voilà en chasse d'une nouvelle proie.

L'arrivée au Basset de Lona est toujours extraordinaire. Ce paysage offert à nos yeux est unique. Cette cuvette avec ses combes, ses petits lacs, ses pointes qui l'entourent, ses anciennes moraines etc… Le silence est complet, presque trop calme…..
Nous finissons notre dernière bouteille de Dôle au Pas de Lona, accompagnés d'un fort vent d'altitude qui fait valser la crinière des chevaux dans tous les sens.

Les chapeaux doivent être bien fixés sur la bosse! Mais, l'air est pur, très pur en ce lieu surnommé par MZ, les Portes de la Lumière.
La descente sur L'A Vieille est connue, mais toujours impressionnante, nous sommes sur du schiste, le chemin est raide, il ne faut pas glisser et garder son cheval bien en main. Tout se passe bien!

L'arrivée au gîte de L'A Vieille, c'est aussi la fin des cols pour cette randonnée, c'est aussi retrouver notre coin de pays. Nous sommes tout de même encore à près de 2500m alt. Un bon feu de bois réchauffe notre petit paradis. De bons cafés Genépi réchauffent nos cœurs. Jean Marcel doit nous quitter pour des raisons professionnelles.

  Jour 8
L'A Vieille – Néjos City Eison par les mayens de St-Martin

Pour cette journée, nous retrouvons les sentiers valaisans, le sentier de la montée à l'alpage ou s'étiraient les troupeaux, les sentiers des mayens qui conduisaient les familles lors des transhumances annuelles dans ces petits chalets rustiques.

C'est par un sentier nature que nous traversons la forêt d'épicéas et de champignons, pour arriver au village d'Eison. Une pause est nécessaire au bistrot du coin avant de retrouver Néjos-City, dernier relais avant la rentrée au Ranch.

Jour 9
Néjos – Le Ranch par les Pyramides d'Euseigne

La descente sur le ranch est connue, de St-Martin nous prenons le chemin en direction de La Luette. Nous profitons pleinement d'une halte chez le "baron" Fred pour nous désaltérer et reprendre notre souffle.
Après avoir contemplé les Pyramides d'Euseigne en passant à leur pied, nous retrouvons notre chalet de Boyrion pour la pause de midi.
La rentrée dans le vallon de la Borgne se fait à une allure pour s'éclater.

Après avoir bichonner nos fidèles serviteurs, nous prenons le dernier verre sur la terrasse du Ranch en évoquant tous ces souvenirs uniques et extraordinaires.

Ce fût une vraie Aventure.

On peut l'appeler la Rando des "Montagnards"

Bienvenus pour la prochaine expédition en septembre 2003

Merci à tous les participants et à ceux qui nous ont soignés et accueillis.

                                                                                                            Ranger

Quelques impressions de cette randonnée Découverte par JM Vélan

2 au 9 septembre 2002

Ranch – Pralong (2000) – Col de la Meina (2800) - Eison – Vallon de Réchy - Vercorin – St Jean (1200) – Col de la Forclettaz (2900) – Grüben (1800) Turtmanntal – Meidpass (2800) – St Jean (1200) – Barrage de Moiry – Pas de Lona (2800) – L'A Vieille - … retour

Distribution :
Roger : Découvreur des nouveaux territoires et des pistes
Urban : L’éclaireur haut valaisan qui va nous permettre de pénétrer ces contrées sans danger.
Joëlle : Animatrice de nos matinées par sa bonne humeur
Céline : Lectrice de polar dans les éclairages les plus glauques (pour l’ambiance)
Dédé : Tout en muscles et serre file de service
Pierre : Echappé pour une courte période de son enfer de Plan-les Ouates
Franca : Hôtesse d’une de nos étapes
JM : Le râleur de service
Julien : Le ravitailleur toujours à l'heure
Sans oublier : Farce, Caramel, Moreillon, Mira (l’amoureuse qui tape), Mister Blackwhite, Roby, Débora.

  Col de la Meina. (jour 2)

Pulsations à 180, respiration 8 à la seconde, trempé à l’intérieur par ses propres humeurs et trempé par les humeurs du ciel à l’extérieur, l’homme murmura  à l’oreille de son cheval « t’en fait pas Coco,  c’est les vacances…je ne te mérite certainement pas pour t’avoir amené là ». Il contemplait les éboulis, les rochers et les pentes herbeuses traîtresses qui furent son chemin de croix sur les 800 mètres de dénivellation parcourus.

Soudain au travers des flocons et du brouillard il vit surgir tel un centaure, Dédé portant littéralement son cheval sur ses épaules.

L’homme pensa qu’il pouvait annuler le test effort qu’il avait prévu chez son cardiologue, il avait survécu.

On avait bien entendu dans la longue marche d’approche du sommet un (faux) genevois prononcer des paroles que la décence oblige à taire ici, mais ce n’était qu’une forme d’exorcisme (d’autres donnent des coups de pieds dans des cailloux ou… ?).

Roger nous fit découvrir « le cheval hors piste », partis de 2000 m au dessus de Pralong, nous sommes près du col de la Meina à 2800 m. C’était le deuxième jour et notre premier col.

Pas eu le temps de s’attarder, l’estomac dans les talons sans doute pour abaisser le centre de gravité, nous entamions une longue « glissade » qui nous amena au refuge de l'alpage de Chemeuille. Là nous avons découvert le meilleur café du monde. Ensuite direction Nejos City (Eison).

Au repas du soir raclette. Julien essaya de suivre le rythme infernal de Dédé qui s’était installé très près du centre opérationnel. Les autres convives finiront quand même par avoir leur part. Joëlle et  Céline se vengeront en lui servant le dessert avec une cuillère de poupée.

A Néjos, Franca et Pierre rejoignirent  le groupe.

 

Eison – Vercorin – St Jean (Jours 3 et 4)

Une longue étape nous conduira de Eison à Vercorin. Très beau cheminement avec quelques difficultés en raison du terrain rendu glissant par la pluie. Mais après ce que nous avions vécu peut-être que le jugement était un peu faussé.  Seul casse-tête à l’arrivée, comment loger les chevaux (qui mettre à côté de qui…) dans l’étable aimablement mise à disposition par Franca, notre hôtesse d’un soir.

Après avoir planté des clous, tendu des cordes et décidé qu’un garde d’écurie (Dédé) logerait sur place, nous prenions nos cantonnements, pas très rassurés.

Le lendemain les chevaux se plaignirent du bruit que Dédé avait fait en dormant. De son côté Dédé dit qu’il n’avait pas fermé l’œil de la nuit car Blacklwhite lui « broutait » la botte de foin qu’il avait pris pour oreiller. Nous ne savions qui croire…

Etape de « repos » vers St Jean ou nous attendait un gîte super classe dans une maison des Amis de la Nature.

Arrivés sur place, le temps était incertain, et Urban faisait monter la pression (il était près de ses racines), il ne disait pas grand-chose, mais il laissait échapper . . « s’il y a de la neige… si il y a du brouillard… danger » bref il nous « mit les boules », la Forclettaz et l’Anapurna, même combat. De quoi nous donner des cauchemars… c’est dans l’angoisse du lendemain et des quelques 2800 mètres de dénivellation à franchir dans une montagne inconnue et vers une population rude, que nous tombions dans le coma du sommeil du randonneur au 4ème jour.

  Col de la Forclettaz

Montée dans le brouillard, Urban commenta le paysage que nous pourrions voir. On le sentait un peu tendu « et si l’autre côté chez les Walser il faisait mauvais temps.. » c’était pas le problème d’un danger éventuel qui l’agitait mais la mauvaise impression qu’on pourrait avoir de son pays. Il doubla sa consommation de cigarettes.

Au sommet, miracle le soleil inondait le Turtmanntal, notre Walser laissa échapper sa joie « das Oberwallis ist schöne … » on a cru qu’il allait s’envoler (normal pour un ancien pilote d’hélicoptère).

Moyenne 400 mètres de dénivellation à l’heure, mais là il y avait un chemin !

Arrivée à Grüben après une descente vertigineuse où Urban sembla très inquiet de l’impression que pourrait laisser ses compagnons « pas très catholiques », il nous fit aligner propre en ordre.

Les chevaux prirent une bonne détente dans des parcs qui se révèlerons par la suite non autorisés pour ce genre d’exercice… selon le président des alpages. Demain aura lieu la désalpe des reines, c’est la fête au village, nous les croiserons lors de notre montée vers le Meidpass.

Urban remit la pression, « en haut c’est vertigineux, celui ou celle qui a le vertige ne pourra pas rester sur le cheval et pourra a peine le conduire…etc »  Céline me confia, « j’ai le vertige, j’espère que je vais m’en sortir… » suspense !

  Meidpass

Superbe montée dans les pâturages et les éboulis, et pas de problème de vertige, le temps de déboucher une bouteille au sommet, nous redescendions vers St Jean. Problème : « Comment découper une tranche de lard en tenant son cheval d’une main, tout en maintenant le pain sous le coude. » On y arriva… pour le lard, mais le cheval s’occupa du pain. C’est la dure loi de la survie ! 

Nous retournâmes à St Jean après cette superbe incursion dans le Turtmanntal.

St- Jean (1200)– Barrage de Moiry(2250)– Pas le Lona (2800) – L'A Vieille(2400)

De retour dans des cheminements connus, nous fîmes une très belle remontée vers le barrage de Moiry le long de la Gougra. Après une longue pause ensoleillée sur la terrasse du café de Moiry en raison d’un problème de fer qui obligea Joëlle à changer de cheval (on ne se refuse rien quand on a les moyens !) nous partîmes en direction du pas de Lona que nous franchissions en fin de journée.

Arrivé à L'A Vieille JM et Blackwhite devaient nous quitter. La descente de L'A Vieille vers la vallée avec un van chargé et les freins qui fument est une autre histoire…

Découvertes

Cette randonnée a permis de découvrir le passage de 4 nouveaux cols, une vallée et de nouveaux cheminements entre Eison et Vercorin.

Ce fut un très beau parcours malgré la météo qui a rendu les chemins glissants ce qui a certainement augmenté les difficultés. Tous les chevaux sont rentrés sans aucune égratignure.

Sans doute à refaire.

Merci à Roger et à Urban.

JM