Récits de randonnées

 

Du Ranch au Léman -  La Randonnée du Lac - Récit de Béatrice

ça y est, j'y suis enfin !

Le visage et les bras dorés par le soleil et le vent, du haut de ma monture, j'observe la vallée qui défile au rythme de son pas. Bercée par ce doux balancement et admirative devant le paysage qui s'ouvre devant mes yeux, je ne pense à rien en particulier. Devant, Roger et Barbara, au botte à botte, ouvrent la marche et cherchent d'autres coins de bois sauvages à nous faire explorer. Jean-Marcel nous raconte l'histoire du coin. On entend derrière les rires et les discussions de Tati, Christine, Emmanuelle et Christian. Le temps s'est il arrêté?

Cela faisait longtemps que j'avais envie d'essayer de faire une randonnée digne de ce nom.... Pas juste une ou deux heures et on rentre à la maison. Non : une randonnée itinérante de plusieurs jours. Fuir les carrières et les manèges et retrouver un peu le sens de pourquoi j'aime tant le cheval.

L'accueil au ranch a été chaleureux. Rapidement on m'a mise à l'aise et on m'a appris les rudiments des noeuds d'attaches et de l'utilisation du matériel. Cela faisait presque deux mois que je n'avais pas monté. Avec ma condition physique générale déplorable, j'appréhendais un peu les courbatures à venir. Mais finalement, on ne s'en sort pas si mal. Evidemment, les épaules, les jambes et le dos sont raides, mais le bonheur ambiant fait vite oublier tout cela. Et Julien et sa manie de ne pas contrôler les doses de bons petits plats de la patronne qu'il distribue allègrement par louche entière, y contribue largement.

Et c'est parti pour quatre jours de discussions, de rires, de bons moments au coin d'une gamelle ou d'une table le verre à la main, de chemins zigzaguant dans la verdure, les vergers, le long du Rhône ou dans les bois, de petits et grands galops....

Le Léman est quand même un moment particulièrement extraordinaire. Le deuxième soir, après avoir zigzagué au travers d'une forêt de pins, au bout d'un canal bordé de petites maisons, s'ouvre le Lac. Les chevaux ont chaud. Avec un peu de  patience on en profite pour les faire entrer à l'eau malgré les intriguantes petites vaguelettes et les bouts de bois flottant en bordure. Tout le monde est heureux. Les chevaux frappent l'eau de l'antérieur pour se rafraîchir en éclaboussant accessoirement leurs cavaliers! L'eau à perte de vue devant nous... On en oublierait presque où l'on se trouve.

Cette sensation de complicité avec sa monture, cette sensation de liberté, voir le monde d'un autre point de vue. C'est indescriptible. C'est juste à vivre.... Alors, à quand votre tour?

Béatrice